Procès SharQc: la poursuite a perdu la guerre, estime la défense

Des accusés du procès SharQc quittent la prison... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Des accusés du procès SharQc quittent la prison de Bordeaux. De gauche à droite : Christian Ménard (les accusations pesant contre lui avaient été retirées en août), François Vachon et Sylvain Vachon.

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«Pour la poursuite, même s'il leur reste une bataille à mener, la guerre est perdue.»

C'est du moins l'avis de MThomas Walsh, avocat qui défend l'un des derniers accusés en attente d'un procès découlant de la vaste opération antimotard baptisée SharQc.

Rappelons que vendredi dernier, la poursuite a subi un cuisant revers alors que le juge James Brunton a libéré cinq Hells Angels accusés de plusieurs meurtres, et ce, en plein procès.

Après plusieurs semaines d'audiences d'un procès qui devait durer deux ans, la défense a présenté une requête en arrêt des procédures, reprochant à la poursuite d'avoir tardé à divulguer une preuve qui discréditait son témoin-vedette, le délateur Sylvain Boulanger.

Le juge Brunton a donné raison à la défense en concluant que le tribunal était «devant un grave abus de procédure» commis par la poursuite.

Il reste donc deux derniers accusés dans le procès SharQc, Robert Bonomo et John Coates, qui doivent, en principe, avoir leur procès en anglais en janvier 2017.

Or, MWalsh - sans vouloir présumer des intentions de la poursuite - se demande «ce que ça donnerait à la Couronne de persister à poursuivre un accusé qui a un lien mineur avec l'organisation des Hells Angels alors qu'elle a perdu la guerre contre des membres en règle».

Son client - John Coates - n'est pas un Hells Angel comme les cinq accusés récemment libérés. Il était plutôt membre d'un «club-école» des Hells de Sherbrooke, un simple «frotteux», selon MWalsh. Et contrairement aux cinq motards libérés, il n'est pas accusé de meurtre, mais d'un chef général de complot pour meurtre.

«Je vais attendre que la poussière retombe et je vais contacter la Couronne pour lui expliquer l'absence de lien entre le statut de mon client au sein du club et le complot général, a dit MWalsh à La Presse. On ne nie pas qu'il est membre d'un club et qu'il avait certaines tâches à accomplir, mais ce n'est pas un lien assez significatif pour engendrer une responsabilité criminelle.»

Les requêtes se multiplient

Les cinq accusés libérés vendredi sont les frères François et Sylvain Vachon, Michel Vallières, Yvon Tanguay et Claude Berger, tous liés au «chapitre» de Sherbrooke.

Par ailleurs, d'autres Hells Angels qui avaient déjà plaidé coupable au chef général de complot pour meurtre songent à présenter une requête pour retirer la reconnaissance de culpabilité à la suite de la décision retentissante du juge Brunton, a révélé La Presse samedi.

«Il est trop tôt pour se prononcer là-dessus, mais évidemment, comme avocat de la défense, on travaille toujours avec tous les moyens légaux à notre disposition pour offrir la meilleure défense possible à nos clients», a indiqué MDanièle Roy, présidente de l'Association des avocats de la défense de Montréal.

De son côté, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) est avare de commentaires depuis vendredi et se contente de répéter qu'il a «pris acte de la décision» du juge Brunton. Le DPCP analyse cette décision afin d'évaluer la possibilité d'interjeter appel, a répété hier son porte-parole, MJean Pascal Boucher.

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