Guy Turcotte a laissé des messages avant et après le drame

Guy Turcotte... (Photo Graham Hughes, La Presse Canadienne)

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Guy Turcotte

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Le 1er mars 2009, soit huit jours après avoir tué ses enfants, Guy Turcotte a téléphoné à l'Hôtel Dieu de Saint-Jérôme, pour s'excuser du 'chiard» qu'il faisait, récupérer des factures pouvant être remboursées et remercier des collègues.

«Allo Nathalie, c'est Guy. Euh, je veux d'abord m'excuser pour tout le chiard que je vous fais là... Dans mon bureau, le premier tiroir là, à gauche là, il y a un reçu du congrès de l'année passée pour remboursement. Aussi prévenir untel qu'il va recevoir celui de cette année par courriel, ça va lui être envoyé, si on peut me rembourser, ça va être apprécié, dit-il», dans un message que le jury chargé de le juger a pu entendre, mercredi. 

Dans l'enregistrement, M. Turcotte souhaite également se faire rembourser un chèque de 353$ qu'il a perdu, car il aura «bien des avocats à payer». Il adresse des remerciements particuliers à plusieurs collègues, qu'il nomme par leur prénom. Son monologue est interrompu par l'expiration du délai alloué pour le message.

Ce message a été laissé sur le répondeur de Nathalie Lemelin, le dimanche 1er mars, à 18h26, mais elle n'en a pris connaissance que le mardi.  Celle qui côtoyait quotidiennement le cardiologue Turcotte à l'époque, a témoigné au procès, ce mercredi. M. Turcotte n'avait pas son ton de voix normal sur le message. Il a déjà eu un ton plus joyeux», a-t-elle dit. Elle l'a décrit comme un homme poli et organisé, un médecin avec qui il est agréable de travailler. 

Travail normal

Le cardiologue à la retraite Jean Gauthier, qui était chef du service à l'Hôtel Dieu en février 2009, a fait un constat semblable, mercredi.  Le Dr Turcotte était un excellent cardiologue, qui avait une expertise en implantation de stimulateurs cardiaques, et qui était chef de la clinique d'insuffisance cardiaque. M. Turcotte était de garde à l'hôpital du 14 au 20 février 2009. Il a travaillé normalement.  Seule différence:  habituellement, il était un participant actif dans les réunions, alors qu'il est resté en retrait à celle du jeudi 19 février.  Il semblait triste et était amaigri, se souvient M. Gauthier. 

La séparation entre M. Turcotte et Isabelle Gaston, urgentologue au même hôpital, était connue par les collègues. M. Turcotte n'élaborait pas sur sa vie privée, mais il en avait parlé à son chef de service, lui demandant une certaine flexibilité d'horaire, pour les besoins de la garde partagée.  Trois semaines après avoir quitté le domicile conjugal, M. Turcotte avait trouvé une nouvelle maison, qui répondait à ses critères. Elle était située dans le même quartier que son ancienne maison (où résidait toujours Isabelle Gaston), elle était confortable tout en ayant un prix abordable, et elle comptait assez de chambres. Il était important pour M. Turcotte qu'Olivier puisse continuer de fréquenter la même école, a expliqué Martin Nolet, l'agent d'immeubles qui a aidé M. Turcotte à trouver cette maison. La transaction était en bonne voie d'être réalisée. L'offre d'achat avait été acceptée, et il ne restait que l'inspection à faire.  Celle-ci était prévue le matin du samedi 21 février. M. Turcotte a demandé à M. Nolet de la déplacer à un peu plus tard dans la journée, car son fils Olivier avait un cours de piano le matin. La visite a été remise à midi. 

Mais voilà, à 20h27 le vendredi soir, M. Turcotte a laissé un message sur le répondeur de M. Nolet, pour l'aviser qu'il ne pourrait être présent à la rencontre, le lendemain. 'Écoute c'est Guy, je ne serai vraiment pas capable d'être là...je ne serai pas là pour l'évaluation. Merci beaucoup bye.» Le jury a pu entendre l'enregistrement de ce message, mercredi. 

M. Nolet était au courant de la séparation de M. Turcotte, car celui-ci lui en avait parlé. «C'était une séparation douloureuse, et il était en colère contre Isabelle», a fait valoir M. Nolet. Ce qui le fâchait, c'est le fait qu'un ami personnel soit en relation amoureuse avec Isabelle Gaston, a admis le témoin, en contre-interrogatoire.

Relâche

Le procès de M. Turcotte fait relâche pour le reste de la semaine, pour des besoins personnels de certains jurés. Un assiste aux funérailles de sa mère, et un autre a un rendez-vous médical, vendredi. L'exercice reprendra mardi prochain. 

Rappelons que M. Turcotte, 43 ans, est accusé des meurtres prémédités de ses deux enfants. Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans, ont été poignardés à 46 reprises, le 20 février 2009, dans la maison de Piedmont que leur père louait depuis environ trois  semaines, soit depuis sa séparation d'avec leur mère, Isabelle Gaston. À venir jusqu'à présent, 19 des 30 témoins annoncés par le ministère public ont témoigné.

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