Le cabinet de Harper aurait manoeuvré pour protéger Duffy

Mike Duffy... (Photo Sean Kilpatrick, La Presse canadienne)

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Mike Duffy

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Jennifer Ditchburn
La Presse Canadienne

Le procès de Mike Duffy s'est penché, mercredi, sur la façon dont le cabinet du premier ministre Stephen Harper aurait obtenu qu'un influent comité ménage le sénateur dans son rapport.

Au dernier jour du témoignage de l'ex-chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright, l'avocat du sénateur a remonté le fil des événements de mai 2013, au moment où le cabinet du premier ministre croyait avoir réussi à mettre le couvercle sur l'embarrassante «affaire Duffy». À cette époque, le comité de régie interne du Sénat préparait son rapport sur les frais de voyage et de logement du sénateur Duffy, basé sur le rapport de vérification externe de la firme indépendante Deloitte.

Après avoir encouragé M. Duffy à ne pas collaborer avec les experts-comptables de Deloitte, des membres de l'entourage du premier ministre ont fait pression sur les conservateurs membres du comité sénatorial pour que le rapport soit moins sévère à son endroit. On souhaitait en fait que M. Duffy soit dépeint comme une victime de règles imprécises en matière de dépenses admissibles au Sénat.

Dans des courriels déposés en preuve au procès, le directeur des affaires parlementaires de l'époque au cabinet du premier ministre, Patrick Rogers, écrit à des collègues que la sénatrice conservatrice Carolyn Stewart Olsen avait reçu les modifications qu'on lui avait proposées, et qu'elle était d'accord «à 100 pour cent». M. Rogers rappelle que ces changements au rapport sont prévus dans l'entente qu'elle avait conclue avec Nigel Wright et le cabinet du premier ministre.

M. Wright a soutenu mercredi que toutes ces discussions ne visaient qu'à s'assurer que le rapport du comité sénatorial de régie interne reflète bien les conclusions de la firme Deloitte.

Deux autres rapports du comité de régie interne sur les dépenses du sénateur libéral Mac Harb et du sénateur conservateur Patrick Brazeau, publiés le même jour, étaient beaucoup plus sévères à leur endroit. Pendant ce temps, on demandait au sénateur Duffy de déclarer publiquement qu'il avait remboursé 90 000 $ en frais discutables - même si, en fait, c'était M. Wright qui avait payé la note, de sa poche.

«N'avez-vous pas estimé qu'il s'agissait là d'une déformation des faits, face aux Canadiens?», a demandé Me Donald Bayne, mercredi.

«Je n'ai pas accordé beaucoup d'importance à cette distinction» entre celui qui avait effectivement payé la note, a répondu M. Wright.

Me Bayne a aussi demandé au témoin s'il s'agissait de «circonstances extrêmement exceptionnelles». M. Wright a concédé que toute cette affaire l'était.

Mike Duffy est accusé de fraude, de corruption et d'abus de confiance, mais il clame son innocence. Son avocat plaide que le sénateur a été contraint d'accepter le stratagème élaboré par le cabinet du premier ministre, pour éviter d'embarrasser davantage le gouvernement conservateur.

La cour entendra prochainement l'ancien avocat du premier ministre, Benjamin Perrin. M. Perrin a déclaré aux policiers que l'actuel chef de cabinet de Stephen Harper, Ray Novak, avait été mis au courant de façon orale des intentions de Nigel Wright de rembourser Mike Duffy.

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