Le fils de la consule à Miami demande sa libération sous caution

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Marc Wabafiyebazu

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Colin Perkel
La Presse Canadienne

La confession présumée que le fils de la consule canadienne en Floride aurait livrée à un policier après son arrestation n'est pas recevable, plaide l'avocat de Marc Wabafiyebazu dans une requête en Cour d'appel pour obtenir sa libération sous caution, en attendant la tenue du procès.

Même si M. Wabafiyebazu avait effectivement parlé du crime, le policier de Miami qui l'a entendu ne l'avait pas informé de ses droits constitutionnels, ce qui signifie que cet élément de preuve aurait été obtenu illégalement, soutient Me Michael Corey dans sa requête en Cour d'appel du district, déposée vendredi dernier. Et même si elle était admissible, cette déclaration à la police serait contredite par presque toutes les autres preuves matérielles et témoignages, selon la défense.

Marc Wabafiyebazu, âgé de 15 ans, d'Ottawa, est accusé de complicité de meurtre dans le cadre de la mort de son frère Jean, âgé de 18 ans, et d'un autre adolescent, tous deux tués par balles, le 30 mars dernier. La police croit qu'une fusillade a éclaté dans un appartement de Miami lorsque le frère aîné a tenté de voler un revendeur de drogue.

Le frère cadet, qui attendait dans la voiture, a d'abord fait l'objet d'accusations mineures, mais l'enquêteur principal l'a plus tard accusé de complicité de meurtre, après avoir pris connaissance du contenu de sa présumée confession livrée à un jeune policier qui l'amenait en voiture au centre de détention.

Selon l'agent Juan Velez, l'adolescent, en plein désarroi lorsqu'il a appris la mort de son frère, aurait alors livré 23 éléments d'information en moins de deux minutes - ce qui, aux yeux de la défense, serait «improbable et louche». Le policier soutient que Marc Wabafiyebazu lui a avoué que son frère et lui avaient déjà volé d'autres revendeurs de drogue au Canada et à Miami, et que c'est lui qui avait abattu l'autre victime qui prenait la fuite - ce qu'une bande vidéo contredit. La défense note aussi que le policier Velez n'a pas enregistré cette importante conversation, et ne l'a pas non plus résumée sur papier après coup.

En rejetant la requête pour remise en liberté sous caution, en juin dernier, la juge de première instance Teresa Pooler avait indiqué qu'elle croyait le témoignage de l'agent Velez, après l'avoir entendu au tribunal. Elle ne pense pas, comme le plaidait la défense, que la jeune recrue voulait se donner de l'importance en s'immisçant dans une «grosse affaire» par le biais d'un faux témoignage.

La Cour d'appel du district a demandé au procureur général de Floride de répondre par écrit à la requête de la défense d'ici jeudi soir - un échéancier inhabituellement court. Le bureau du procureur a refusé de commenter, et on ignore à quel moment la Cour d'appel entendra l'affaire.

La mère des deux garçons, Roxanne Dubé, qui a quitté son poste de consule du Canada à Miami la semaine dernière, mais qui demeure à l'emploi du ministère des Affaires étrangères, s'est réjouie de voir que la Cour d'appel veut entendre l'affaire rapidement. «Je suis pleine d'espoir, encore une fois», a déclaré Mme Dubé en entrevue à La Presse Canadienne, mardi.

En l'accusant de complicité pour meurtre, la police de Miami n'allègue pas que Marc Wabafiyebazu a tiré sur quelqu'un ou menacé de le faire pendant la tentative de vol à main armée; elle croit cependant que le garçon faisait le guet à l'extérieur de l'appartement, dans la BMW de sa mère.

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