Un croque-mort délinquant épinglé

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Bicarbonate de sodium sur les dépouilles, visite au restaurant avec des vêtements souillés par des liquides biologiques, conservation de cadavres à la température de la pièce : un croque-mort qui offrait des funérailles à prix modique vient d'être épinglé par Québec en raison de ses méthodes de travail pour le moins douteuses.

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Martin Marquis

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Devant la justice, Martin Marquis a aussi reconnu qu'il avait tardé à récupérer un défunt à l'hôpital, avant de s'y présenter en vêtements de sport sur lesquels du sang et d'autres substances allaient se répandre.

Le croque-mort, qui a travaillé à Montréal avant de s'installer dans le Bas-Saint-Laurent, a mis en péril la santé publique en violant à répétition la réglementation encadrant son industrie, selon le ministère de la Santé, qui lui a retiré fin 2014 son permis de directeur de funérailles. Après une contestation, le Tribunal administratif du Québec (TAQ) a confirmé la décision le mois dernier.

La décision du TAQ fait état de plaintes et d'avertissements à M. Marquis avant l'été 2014.

Shorts de coton et pause repas

C'est toutefois à cette époque que s'est produit l'incident de trop. Après qu'un coroner eut insisté pour qu'il vienne chercher un corps en putréfaction, M. Marquis s'est rendu à la morgue d'un hôpital du Bas-Saint-Laurent « vêtu d'un chandail délavé, [portant] des shorts de coton dans le même état et des sandales de plage », selon le témoignage d'un agent de sécurité présent.

En tentant de transporter la dépouille, « du sang et des liquides biologiques se sont alors écoulés sur le sol ainsi que sur les shorts, les jambes et les sandales » de Martin Marquis, qui « après coup [s'est secoué] un peu ». Il a refusé que ses vêtements soient désinfectés, toujours selon l'agent de sécurité.

« Après son départ de l'hôpital, il s'est arrêté pour dîner (une demi-heure) » dans un restaurant « avec ses vêtements en l'état et alors que le corbillard n'[était] pas réfrigéré, et ce, en pleine canicule », a-t-il reconnu devant le TAQ.

En arrivant à son salon funéraire, Martin Marquis a omis d'embaumer la dépouille - ainsi que la loi l'oblige à le faire - et l'a plutôt saupoudrée de bicarbonate de sodium. Elle sera portée en terre peu après.

L'objectif d'« offrir des obsèques dignes pour une clientèle à faible revenu » peut être louable, souligne la juge administrative Danielle Allard dans sa décision. Mais « encore faut-il que les services rendus dans ce secteur d'activités le soient conformément à la législation applicable ».

M. Marquis « a fait fi de ces mesures de prévention en matière de santé publique que sont l'embaumement et l'incinération d'un cadavre humain ». Il a « plutôt choisi de procéder selon les "anciens us" en saupoudrant le cadavre avec du bicarbonate de soude et en scellant le cercueil », une « pratique d'un autre temps ».

Des prix qui dérangent?

Joint au téléphone, le principal intéressé a affirmé être victime d'une vendetta de la part de ses concurrents, qui n'apprécieraient pas les prix cassés qu'il pratiquait au Salon funéraire Le Parcours, établi à Rimouski puis à Saint-Marcellin. « Ils ont fait beaucoup, beaucoup de plaintes », a-t-il déploré.

M. Marquis s'est dit surpris quand La Presse lui a fait remarquer que, selon la décision du TAQ, la plainte qui a fait déborder le vase a été déposée par l'hôpital où il était allé chercher la dépouille.

Il reconnaît toutefois l'essentiel des faits qui lui sont reprochés, mais estime que la révocation de son permis est « trop sévère et disproportionnée selon les faits reprochés ».

M. Marquis n'en était pas à sa première apparition devant les tribunaux. En mars dernier, il a été jugé coupable d'avoir violé une ordonnance de la cour qui lui interdisait de harceler ou d'importuner les employés d'une entreprise concurrente. Il a été condamné à 800 $ d'amende et à deux ans de probation.

En 2013, il avait fait les manchettes après que deux soeurs se furent plaintes qu'il avait laissé la dépouille de leur mère sur le bord d'un trottoir. Elles avaient demandé son transfert dans un autre centre funéraire après avoir vu l'état de décrépitude du salon de Martin Marquis. Le principal intéressé a nié ces allégations.

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