Procès pour meurtre: une mère de famille tuée à la fête des Mères

Stéphanie Chaloult s'est mise à redouter le pire lorsque sa mère ne lui a pas... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Stéphanie Chaloult s'est mise à redouter le pire lorsque sa mère ne lui a pas donné de nouvelles à la fête des Mères alors qu'elle venait pourtant de lui envoyer des fleurs.

Et le pire est survenu. 

Sa mère Marilyn Chaloult, 65 ans, a été trouvée sans vie, étranglée, dans sa maison de Dollard-des-Ormeaux le lendemain de la fête des Mères en mai 2011. Son  père, Timothy Rapley, gisait inconscient aux côtés de sa femme, un bras autour de la tête de la victime. 

En couple depuis 30 ans avec la victime, M. Rapley a par la suite été accusé de meurtre non prémédité. 

Leur fille unique était la première témoin de la poursuite ce mardi à l'ouverture du procès pour meurtre de M. Rapley au palais de justice de Montréal. 

La jeune femme âgée dans la vingtaine a témoigné avec aplomb cet après-midi, sans jamais regarder vers le box des accusés où était assis son père. «J'étais très proche de ma mère», a décrit l'étudiante d'un ton assuré.

Stéphanie Chaloult étudiait en droit à l'Université d'Ottawa à l'époque du drame. Elle était venue rendre visite à ses parents à Montréal le vendredi soir mais elle était repartie dès le lendemain matin - le samedi - en raison de l'atmosphère «tendue», «agressive» qui régnait dans la maison familiale. «Quelque chose n'allait pas», a raconté la jeune femme au jury.

Plus tard ce samedi-là, alors que l'étudiante était de retour à Ottawa, le fleuriste chargé de livrer un bouquet à sa mère l'a appelée pour lui demander quoi faire avec les fleurs puisque personne ne répondait à la porte. La jeune femme a demandé au fleuriste de laisser le bouquet dans l'entrée. 

Le lendemain, jour de la fête des Mères, Stéphanie Chaloult a commencé à s'inquiéter puisque sa mère ne l'avait toujours pas appelé pour la remercier pour le cadeau. «En soirée, j'ai commencé à être vraiment inquiète», a précisé la jeune femme qui a ensuite téléphoné «au moins» une douzaine de fois à la maison. Elle a aussi appelé dans tous les hôpitaux de la ville. Sans succès. 

Le lundi, la victime ne s'est pas présentée au travail. Sa fille a alors décidé de téléphoner à la police. Le Service de police de la Ville de Montréal avait besoin de son autorisation pour entrer de force dans la maison. Elle leur a donné et a demandé à un ami de se rendre sur place.

Cet ami l'a rapidement rappelée. «Il m'a dit de rentrer le plus vite possible. J'ai pris un taxi jusqu'à Montréal», a-t-elle raconté avec le même calme. 

Le procureur de la poursuite Jacques Dagenais a décrit au jury la cause comme une «cause relativement simple» plus tôt ce mardi lors de sa déclaration d'ouverture. 

Peu de temps avant le drame, l'accusé, M. Rapley, avait déclaré faillite. Le couple allait vraisemblablement perdre sa maison. Le jour de sa mort, la victime devait aller visiter un logement avec une autre personne qui viendra témoigner plus tard au procès.  

La victime a été étranglée à mains nues, a révélé l'autopsie. Lorsque son corps a été retrouvé, le 9 mai au matin, il était «en début de putréfaction», a expliqué le procureur de la poursuite au jury. Deux flacons vides d'Ativan - un médicament pour contrôler l'anxiété - ont été trouvés sur les lieux du crime. L'accusé a reçu son congé de l'hôpital le lendemain du drame.

Le procès présidé par la juge Éliane Perreault fait relâche demain et reprend jeudi. L'accusé est défendu par Me Martin Latour.

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