Le procès Duffy passe de l'érudition savante à l'absurde

Mike Duffy... (Photo Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne)

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Mike Duffy

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La Presse Canadienne
OTTAWA

On a beaucoup parlé de procédures au cours du procès Mike Duffy, mardi. De procédures... et de chiens.

Le tribunal a fini d'entendre les plaidoiries des avocats concernant la valeur à accorder au rapport d'un comité sénatorial essentiellement basé sur l'évaluation, par le cabinet Ernst & Young, des pratiques administratives à la chambre haute. La défense souhaite que le juge l'accepte comme un fait établi tandis que la Couronne veut le rejet du rapport disant qu'il ne représente qu'un simple avis.

Les parties ont invoqué une jurisprudence remontant au XVIIIe siècle et la cause d'un mineur ontarien ayant servi dans l'armée finlandaise.

Le juge Charles Vaillancourt, de la Cour de l'Ontario, annoncera en juin sa décision à ce sujet.

Après ces discussions fort érudites, le procès a pris une tournure plutôt absurde alors qu'une organisatrice d'une exposition canine, Louise Lang, a témoigné par téléphone.

Que vient faire la secrétaire d'une association visant à promouvoir le terrier Kerry Blue au Canada dans le procès intenté au sénateur Duffy ?

Duffy a réclamé au Sénat le remboursement d'une facture de 698,58 $ pour un voyage à Peterborough, en Ontario, au cours duquel il affirme avoir rencontré le député Dean Del Mastro et son épouse. Sur le formulaire officiel, il avait inscrit: «rencontre avec des représentants locaux sur des questions de télédiffusion».

Un des chefs d'accusation de fraude et un autre d'abus de confiance reposent sur ce voyage. Le sénateur fait face à 31 chefs d'accusation pour lesquels il a affirmé ne pas être coupable.

Mike Duffy aurait aussi profité de ce voyage pour se rendre à une exposition canine où lui et sa femme auraient acheté un chien, un terrier Kerry Blue pour être plus précis, selon la Couronne.

Mme Lang a relaté que son mari lui avait alors présenté le sénateur. Elle croit se rappeler qu'il avait mentionné qu'il avait un Kerry Blue.

L'avocat de la défense, Donald Bayne, a plaidé que l'exposition canine était un événement important à Peterborough. Il a insisté pour que le témoin dise que des journalistes locaux faisaient parfois des reportages à ce sujet.

«Oh, je tiens pour acquis qu'il ne se passe pas grand-chose à Peterborough. Ils doivent chercher quelque chose à publier dans leur journal. Alors j'imagine qu'ils photographient de beaux chiens», a-t-elle répondu.

Mme Lang avait raconté à la police qu'on lui avait dit que Duffy voulait acheter un chien. Elle ne savait pas personnellement si le sénateur l'avait finalement fait.

Me Bayne a dit au tribunal que Mike Duffy avait finalement fait l'acquisition d'un chien, l'année suivante. À la date du 24 janvier 2011, on peut lire l'entrée suivante dans le journal personnel de l'accusé: «H&M sont allés chercher le chiot», H étant l'épouse du sénateur, M étant le sénateur. On retrouve plusieurs allusions à un chien nommé Chloé dans les pages subséquentes.

Mercredi, le tribunal doit entendre le témoignage du chroniqueur Erza Levant, qui a déjà rédigé des discours pour Mike Duffy.

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