Agressé en pleine Cour d'appel, Robin Doake a eu peur de mourir

Sylvain Gaudreau est accusé de voie de fait... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Sylvain Gaudreau est accusé de voie de fait grave et de voie de fait armée à l'endroit de Robin Doake (à gauche) et de Maurice Tétreault, ses adversaires dans un litige civil concernant une maison qu'il occupait à Sainte-Adèle.

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Robin Doake se souvient parfaitement que Sylvain Gaudreau s'est rué sur lui en Cour d'appel, le 4 août 2010. Mais c'est tout ce dont il se rappelle de l'attaque qui l'a envoyé à l'hôpital et lui a valu par la suite la pose d'un drain dans la tête.

«Je n'ai pas d'idée de ce qui est arrivé après. Mon souvenir après, c'est que je suis par terre dans ce qui semble être une chambre de bain. Je suis manipulé. Je suis sur une civière, entouré d'une brume verte. Des voix parlent d'une possible fracture cervicale», a raconté M. Doake, hier, alors qu'il témoignait au procès de Sylvain Gaudreau. Ce dernier, âgé de 53 ans, est accusé de voie de fait grave et de voie de fait armée à l'endroit de M. Doake et de Maurice Tétreault, ses adversaires dans un litige civil concernant une maison qu'il occupait à Sainte-Adèle. M. Doake en était le propriétaire.

L'incident est survenu un peu avant 18h, le 4 août 2010, dans une salle d'audience de la Cour d'appel. Furieux d'être débouté, M. Gaudreau s'est mis à crier et à vociférer, a lancé une valise en direction des deux hommes, puis s'en est pris physiquement à eux, selon la preuve présentée par la Couronne.

Blessures

M. Tétreault a eu un pouce dans un oeil et a été blessé au visage. M. Doake, pour sa part, aurait été roué de coups de poing au haut du corps. Il n'a pas eu de blessure cervicale, mais il a subi des blessures au visage qui l'ont fait souffrir pendant plusieurs jours; il a aussi souffert de maux de tête persistants. Un mois après l'agression, il a dû se soumettre à une intervention chirurgicale pour enlever du sang dans sa tête.

«Ils vous font un trou dans le crâne et vous regardez les fluides couler de votre tête dans la bouteille, jour après jour, après jour. Vous vous promenez avec une bouteille en plastique en attendant que la coloration passe de rouge à moins rouge, à moins rouge, pour s'assurer qu'il n'y a plus de sang dans vos méninges», a résumé M. Doake.

«Avez-vous eu des étourdissements, avez-vous eu le goût de vomir?», a demandé l'accusé, qui conduit lui-même les contre-interrogatoires, puisqu'il se défend sans avocat.

M. Gaudreau a fait ressortir que M. Doake avait déjà eu une commotion cérébrale dans les années 90, après avoir été frappé par un cycliste.

«Oui, et à cause de cela, l'affaire de la Cour d'appel aurait pu entraîner ma mort», a rétorqué M. Doake, qui a étouffé un sanglot, à un certain moment.

Tentative

M. Gaudreau, un homme barbu à forte corpulence, a tenté à quelques reprises de ramener sur le tapis le sujet du litige civil qui l'opposait aux deux hommes. «La seule affaire que vous vouliez, c'est de prendre mes biens, me voler», s'est exclamé M. Gaudreau, en s'adressant à M. Tétreault. La Couronne s'est opposée, et le juge André Vincent n'a pas permis à M. Gaudreau de poursuivre dans cette voie.

«Monsieur le juge, je vais vous demander de suspendre là, a lancé M. Gaudreau.

 - Pour quel motif? , a demandé le juge.

 - Parce que je suis écoeuré.

 - Ce n'est pas une raison, votre demande est refusée», a tranché le juge.

En fin de journée, le procureur de la Couronne François Allard a annoncé qu'il avait terminé sa preuve. Il revient maintenant à M. Gaudreau de présenter sa défense.

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