Caricature de Ian Lafrenière: une insouciance criminelle, selon la Couronne

Jennifer Pawluck... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

Agrandir

Jennifer Pawluck

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Jennifer Pawluck entretient une rage contre la police. Quand elle a publié l'image du porte-parole du SPVM avec une balle dans le front, elle savait ce qu'elle faisait et ne s'est pas souciée de l'impact sur ce policier. Elle devrait être trouvée coupable de harcèlement criminel.

C'est ce qui se dégage de la plaidoirie que la procureure de la Couronne Josiane Laplante a livrée, mardi, au procès de Mme Pawluck. La femme de 22 ans est accusée de harcèlement criminel envers le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière. En mars 2013, Mme Pawluck avait publié sur sa page Instagram, une caricature de M. Lafrenière avec une balle dans le front, et y avait ajouté des mots-clics, incluant le nom de M. Lafrenière et des slogans comme: Un flic une balle, Tous les flics sont des salauds...

Témoignant pour sa défense, Mme Pawluck a fait valoir que sa publication ne s'adressait qu'à ses abonnés, et qu'il n'était pas dans son intention que la police, y compris M. Lafrenière, voit ces images. 

Me Laplante a fait ressortir que les mots-clics qu'elle a ajoutés démontrent le contraire. Mme Pawluck était très au courant de ce risque, puisqu'à la même époque, en mars 2013, alors qu'elle discutait sur Facebook avec quelqu'un, elle avait écrit ne pas vouloir parler du déroulement d'une manifestation contre la brutalité policière, parce qu'elle savait que son Facebook était «checké». 

«Elle accumule le matériel contre la police, en publie et encourage les manifestations contre la brutalité policière. Pour elle, M. Lafrenière était l'ennemi», a fait valoir Me Laplante.

Prendre au 2e degré

Me Valérie De Guise, qui représente l'accusée, estime pour sa part que le comportement de Mme Pawluck peut paraître menaçant, mais qu'il ne s'agit pas de harcèlement criminel. Mme Pawluck ne nie pas que l'image soit violente, mais il faut prendre cette image «au deuxième degré», selon l'avocate. Me De Guise s'étonne qu'un policier qui compte 19 ans d'expérience dans la police, souvent confronté aux critiques de par son rôle au SPVM, se soit senti menacé ou harcelé par l'image en question. «Il y a des éléments qui ne tiennent pas la route», dit-elle.

Le policier Lafrenière a signalé que la publication de Mme Pawluck avait ramené à son esprit ce qu'il avait vécu l'année précédente, année des manifestations. Me De Guise estime qu'il s'agit d'un contexte, et qu'on est loin du harcèlement criminel.

Me De Guise pense que la «prévention» aurait été plus indiquée. «Ce qui est déplorable, c'est que les policiers ne se soient pas rendus chez elle pour l'aviser» a dit Me De Guise. Selon elle, le harcèlement criminel n'a pas été prouvé. 

La juge Marie-Josée Di Lallo rendra sa décision le 23 avril.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer