Un amuseur public poursuit la Ville de Montréal

La place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal.... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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La place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Montréal.

Photo David Boily, Archives La Presse

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Un amuseur public du Vieux-Montréal poursuit la Ville de Montréal pour 335 000$, estimant être victime d'arrestations abusives et d'intimidation policière depuis près de 3 ans.

Le début du conflit remonte au 4 juillet 2012. Comme il le fait souvent depuis des années, l'amuseur public Stephen Moore donne un spectacle aux touristes sur la place Jacques-Cartier.

Une inspectrice de l'arrondissement de Ville-Marie, qui est sur les lieux, lui reproche de ne pas avoir signé le contrat exigé par l'arrondissement pour faire des performances publiques, un règlement municipal à cet effet ayant été entériné un mois plus tôt. Elle demande l'intervention des policiers.

La scène, filmée et diffusée sur YouTube, montre monsieur Moore feignant de se prendre en photo avec les policiers. L'un des agents tente de l'agripper, Stephen Moore se défile, soulève un autre policier par la taille, puis tombe au sol avec lui. Trois policiers se jettent enfin sur lui pour le menotter. Il n'y avait «aucun motif valable, sauf abuser de son autorité [l'inspectrice] pour faire venir les policiers alors qu'il n'y a pas de problème de sécurité ni de paix publique», mentionne le document déposé en Cour supérieure par les avocats du plaignant. Stephen Moore dit avoir souffert de douleurs au cou et au dos après son arrestation, en plus d'avoir subi un choc post-traumatique.

Trois semaines plus tard, l'amuseur public est une fois de plus arrêté par la police. Il raconte avoir été «harcelé» par la même inspectrice qui avait demandé son arrestation le 4 juillet.

Dans sa poursuite, il se plaint aussi d'être victime «d'intimidation, de harcèlement et de provocation» des policiers lors des spectacles subséquents. Ces interventions policières le hanteraient encore aujourd'hui, puisqu'il mentionne avoir encore un sentiment de persécution, des pertes de mémoire, une perte de confiance en soi et des idées noires depuis ce temps. «Tous les faits mènent le demandeur à la dépression, à se terrer pendant un an dans sa cave jusqu'au point de vouloir se suicider», peut-on lire dans la poursuite déposée. Pour toutes ces raisons, il demande 335 000 dollars à la Ville de Montréal en dommages et intérêts.

Sa conjointe, Sylvie Sicotte, réclame 35 000 dollars pour «perte de jouissance de la vie». Elle se décrit comme un dommage collatéral de cette histoire.

La Ville de Montréal a préféré ne faire aucun commentaire. Dans une entrevue accordée à La Presse quelques jours après l'incident de juillet 2012, un inspecteur du SPVM a affirmé que l'amuseur public était averti depuis une semaine qu'il contrevenait à la réglementation. Il a indiqué que les policiers ont essayé de discuter avec lui, mais que ce dernier a plutôt tenté de haranguer la foule contre les agents du SPVM. «Il a invité les gens à protester avec lui contre le règlement», a dit l'inspecteur Alain Simoneau.

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