Complot contre VIA Rail: les accusés attendaient le «feu vert»

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Raed Jaser à la cour le 23 avril 2013.

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La Presse Canadienne
TORONTO

Les deux hommes accusés d'avoir voulu faire dérailler un train de passagers entre New York et Toronto désiraient attendre le «feu vert» de leurs frères combattants à l'étranger avant de mettre leur plan à exécution, a-t-on entendu au procès lundi, à Toronto.

Raed Jaser et Chiheb Esseghaier sont accusés de plusieurs chefs liés au terrorisme. Au procès, la Couronne fait entendre depuis quelques jours des conversations enregistrées à l'insu des accusés par un agent d'infiltration de la police fédérale américaine (FBI) qui avait gagné leur confiance.

Dans l'une de ces conversations, Esseghaier dit que son présumé complice et lui attendent «le feu vert» de frères islamistes qu'il a déjà rencontrés en Iran. Il affirme aussi qu'ils peuvent bien agir seuls, mais qu'il vaudrait mieux commettre l'attentat de concert avec des djihadistes à l'étranger, «pour leur donner le pouvoir» et dire au monde entier qu'ils peuvent «faire ce qu'ils veulent».

Esseghaier parle aussi d'un frère «dormant» aux États-Unis qu'ils devraient bien rencontrer.

Ces conversations entendues au tribunal ont été enregistrées juste avant que les trois hommes ne se rendent sur le terrain afin de repérer l'endroit le plus approprié pour commettre l'attentat contre le train de VIA Rail. Jaser et Esseghaier voulaient affaiblir la structure d'un pont ferroviaire afin de faire dérailler, en décembre 2012, le train de passagers en provenance de New York, a-t-on entendu au procès.

Une nouvelle conversation s'est par ailleurs engagée alors que les trois hommes examinaient un pont.

Jaser exprime alors des doutes à l'agent du FBI concernant le projet d'attentat. «Le travail et l'argent nécessaires [à la réalisation du projet], c'est fou», dit-il.

Plus tard, alors que le trio examine un pont ferroviaire métallique, Jaser se montre encore plus inquiet. «C'est une structure très solide, dit-il. Je pense que si nous le faisons, on n'y parviendra pas. Ce sont de gros morceaux de métal. Qu'est-ce qu'on peut faire? On ne peut pas les découper à la main.»

Esseghaier semble animé pendant toute la conservation, proposant des plans, des solutions.

Son présumé complice semble nerveux. Il a vu des marcheurs sur la piste de randonnée située sous le pont. «Pardonne-moi mais peux-tu parler sans faire des grands gestes. Hé, ce gars nous regarde!», lance-t-il. Jaser demande à Esseghaier de ne parler qu'en arabe. «Tu perds les pédales, crois-moi. Je te le dis: le diable voit tout ce qu'on ne peut pas voir.»

Essenghaier ne semble pas perturbé par la possibilité d'être épié, assurant son ami que personne ne peut être au courant de leur projet.

Son attitude agace Jaser. «Si tu commets une erreur en ne prenant pas au sérieux ce que tu fais, tu commets un péché, dit-il. Si la mission échoue juste à cause d'un gars, moi par exemple ou toi ou un autre, qui traite cela à la légère, c'est un péché.»

Les deux coaccusés, arrêtés en avril 2013, ont plaidé non coupable aux accusations. Chiheb Esseghaier, d'origine tunisienne, travaillait à Varennes, en Montérégie, à l'Institut national de la recherche scientifique, alors que Raed Jaser habite Toronto.

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