Procès Tartamella: une photo avec un Cubain, la source de la jalousie?

La victime Emmanuelle Phaneuf et François Tartamella... (Photo fournie par une amie de la victime)

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La victime Emmanuelle Phaneuf et François Tartamella

Photo fournie par une amie de la victime

C'est une photo sur laquelle apparaît Emmanuelle Phaneuf côte à côte avec un «gentil organisateur» cubain qui aurait fait naître chez François Tartamella un sentiment de jalousie. Par la suite, il aurait verrouillé l'accès de l'ordinateur, empêchant ainsi sa conjointe de l'utiliser.

C'est ce que Stéphanie Monast-Blanchette a raconté jeudi au deuxième jour du procès de François Tartamella, au palais de justice de Longueuil. Tartamella, 37 ans, est accusé du double meurtre non-prémédité de son ex-conjointe Emmanuelle Phaneuf, morte à 31 ans, et de la fille de cette dernière, Laurie Phaneuf, 13 ans. Les faits se sont déroulés en novembre 2011 à Longueuil, soit un mois après le voyage à Cuba.

Stéphanie Monast-Blanchette, qui travaillait avec la victime à la clinique dentaire Lavallée, a relaté les échanges qu'elle a eus avec Emmanuelle Phaneuf dans les semaines qui ont précédé le drame. Du 3 au 10 octobre, les deux amies, accompagnées de la mère de Mme Monast-Blanchette, se sont rendues dans un hôtel de Cuba après avoir trouvé des billets bon marché sur le site vosvacances.ca. François Tartamella n'était «pas d'accord» que sa conjointe participe au voyage, jugeant qu'ils n'en avaient pas les moyens.

Selon Stéphanie Monast-Blanchette, Emmanuelle Phaneuf lui aurait dit qu'elle avait besoin de s'évader. Son couple traversait une période difficile. La victime aurait dit à son amie qu'elle faisait beaucoup de tâches ménagères et que c'est elle qui s'occupait principalement des enfants - sa fille Laurie, issue d'une autre union, et les deux fils qu'elle a eus avec l'accusé, âgés d'un an et trois ans.

De retour de voyage, François Tartamella était «bête» avec sa conjointe, selon Mme Monast-Blanchette, qui se fie à ce que la victime lui racontait.

Une photo avec un Cubain

Une semaine plus tard, Stephanie Monast-Blanchette dit avoir mis quelques photos du voyage à Cuba sur Facebook et d'en avoir aussi transférées sur la clé USB d'Emmanuelle Phaneuf. 

Par la suite, la victime lui aurait dit que François Tartamella a pris sa clé USB dans son sac, à son insu, et qu'il aurait imprimé une photo sur laquelle Emmanuelle Phaneuf apparaissait aux côtés d'un «G.O» de l'hôtel. Emmanuelle Phaneuf aurait trouvé «deux ou trois» exemplaires de cette photo dans les affaires de François Tartamella.

«Il était jaloux de voir la photo», a résumé Mme Monast-Blanchette. 

Deux semaines avant le drame, la victime aurait dit à Stéphanie Monast-Blanchette que Tartamella avait bloqué l'accès à l'ordinateur de la maison en ajoutant un mot de passe.

Selon la thèse de la Couronne, les photos de Cuba ont été un «point tournant» dans la relation entre Tartamella et Emmanuelle Phaneuf. Une semaine avant le drame, la victime a envoyé des documents judiciaires par huissier à son ex-conjoint pour régler la garde des enfants et le partage des biens. 

En contre-interrogatoire, Me Anne-Marie Lanctôt, qui défend l'accusé aux côtés de Me Patrick Davis, a posé de nombreuses questions à Stéphanie Monast-Blanchette pour faire ressortir le fait qu'elle ne connaissait que la version de la victime.

«Emmanuelle ne vous a jamais dit qu'elle voulait empêcher Francois d'avoir la garde partagée?» «Non», a répondu Stéphanie Monast-Blanchette, qui savait tout de même que le couple ne s'entendait pas sur le nombre de jours de garde que chacun allait avoir. 

Mme Monast-Blanchette a convenu qu'avant l'épisode des photos, Francois Tartamella n'était pas jaloux et qu'Emmanuelle Phaneuf avait elle aussi soupçonné son ex-conjoint d'être infidèle dans le passé. Elle a aussi admis que l'accusé était un père attentionné.

Le matin du 4 novembre, vers 6h15, la centrale de police a reçu un appel sans voix provenant du logement des Phaneuf-Tartamella, rue Beauharnois, à Longueuil. Les deux victimes avaient été égorgées et poignardées à plusieurs reprises. Les deux fils du couple, qui n'ont pas été blessés, pleuraient. 

Le procès se poursuit jeudi après-midi.




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