Cinq ans de pénitencier pour pornographie juvénile

Jean-Louis Bertrand, un docteur en chimie de 54 ans qui avait développé une... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Jean-Louis Bertrand, un docteur en chimie de 54 ans qui avait développé une forte accoutumance à la pornographie juvénile, a écopé de cinq ans de pénitencier récemment.

Comme M. Bertrand a purgé presque intégralement cette peine en détention préventive, c'est une peine de quatre jours que le juge Jean-Pierre Boyer a prononcée le 26 juin dernier à l'encontre de M. Bertrand.

M. Bertrand avait été arrêté une première fois en mars 2010, après avoir été épinglé sur l'internet par un policier d'Edmonton. Il a été accusé de possession et distribution de pornographie juvénile.

Après sa comparution, il avait été remis en liberté contre promesse de se soumettre à diverses conditions, dont celle de ne pas se servir d'un ordinateur relié à l'internet. Condition qu'il n'a absolument pas respectée, puisqu'il a entretenu de nombreuses conversations axées sur la pornographie juvénile par la suite. La preuve a révélé qu'il s'était entretenu avec 14 adultes et 15 mineures pendant cette période. Il allait se garer près d'un restaurant McDonald's pour profiter du système Wi-Fi. Ce qui lui a valu d'être arrêté de nouveau, le 18 mai 2011.

Cette fois, ce sont 73 chefs d'accusation qui ont été déposés contre M. Bertrand. Bien entendu, il n'avait plus droit à une remise en liberté. Le quinquagénaire est resté détenu, et en novembre 2012, il a plaidé coupable à 58 chefs d'accusation au total pour ses deux dossiers.

Saisies

La saisie réalisée lors de la première arrestation de M. Bertrand avait permis la découverte de milliers de fichiers de pornographie juvénile, des vidéos le mettant en scène avec des photos de jeunes filles, et 312 billets de clavardages.

La saisie faite lors de sa seconde arrestation démontrait qu'il utilisait le même stratagème pour communiquer avec ses interlocuteurs, qu'il ciblait sur des sites de rencontres pour jeunes. M. Bertrand s'inventait des personnages. Un de ceux-là était recruteur pour une agence de «modelling», un autre résidait à Miami, un autre encore était une femme. Il demandait aux jeunes filles de s'exhiber devant la caméra web. Deux victimes réelles d'âge mineur ont été retrouvées, l'une en France, l'autre au Texas. M. Bertrand a aussi entretenu des discussions avec des internautes partageant la même attirance pour les jeunes.

Divorcé et père de deux enfants, M. Bertrand dit avoir commencé à consommer de la pornographie adulte sur l'internet à partir de 1994. Au cours des années 2000, il a bifurqué vers la pornographie mettant en scène des enfants âgées de 8 à 10 ans.

Au cours de sa détention, il s'est soumis jusqu'au bout à une psychothérapie et a fait l'objet de plusieurs rapports d'experts. Certains pensent qu'il présente un risque de récidive élevé, tandis que d'autres sont plus sereins. L'expertise psycholégale du Dr Michel Parisien relève la bonne collaboration et la motivation de M. Bertrand, ainsi que le soutien de son entourage.

Me Stécie Jérome, de la Couronne, demandant sept ans, tandis que Me Francis Leborgne, en défense, proposait trois ans. Le juge Jean-Pierre Boyer a fixé la peine à cinq ans, sentence dont il a soustrait la détention préventive. Une partie de celle-ci a été comptabilisée en double.




Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer