Collision mortelle: «Je voulais mettre les canards dans ma voiture»

Emma Czornobaj est accusée de conduite dangereuse et... (Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Emma Czornobaj est accusée de conduite dangereuse et négligence criminelle ayant fait deux morts.

Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse

Après être allée nourrir le rat dans la maison de son patron, à Candiac, Emma Czornobaj roulait sur l'autoroute 30 pour rentrer chez elle. En voyant sept ou huit petits canards sur l'autoroute, elle a arrêté sa Honda Civic dans le but de les recueillir. «Je sais que c'était une erreur.»

C'est ce que la femme de 25 ans a raconté mardi après-midi alors qu'elle témoignait pour sa défense. Mme Czornobaj est accusée de conduite dangereuse et négligence criminelle ayant fait deux morts. Vers 19h20, le dimanche 27 juin 2010, une moto a percuté sa voiture immobilisée dans la voie de gauche de l'autoroute. Le conducteur, André Roy, 50 ans, et sa fille Jessie, 16 ans, qui était passagère sur la Harley Davidson, ont péri.

Mme Czornobaj avait 21 ans au moment du tragique événement. Elle se souvient qu'en ralentissant pour arrêter sa voiture, elle a regardé dans son rétroviseur. Elle a vu une voiture derrière, qui est passée dans l'autre voie. Mme Czornobaj dit qu'il n'y avait peu ou pas de circulation sur l'autoroute, elle pensait qu'il n'y avait «pas de risque.» Elle s'est tassée à gauche sur la voie de gauche. Une fois arrêtée, elle a mis le levier de vitesse en position neutre, a actionné le frein à main, et a mis ses feux de détresse, assure-t-elle. Elle est descendue, a laissé sa portière ouverte, et a marché vers la cannetons, qui se trouvaient sur le bord de la voie gauche de l'autoroute, bordée par un muret de béton. Mais les canards ne se laissaient pas approcher. Ils la fuyaient. Elle s'est rendue compte qu'elle ne pourrait pas les attraper, et elle a rebroussé chemin vers sa voiture. Et c'est à ce moment que «l'accident» est arrivé, a relaté l'accusée.

Irréel

Mardi, rendue à cette partie de son récit, Mme Czornobaj a eu de la difficulté à poursuivre. «J'ai vu la moto rentrer dans ma voiture», a-t-elle sangloté. 

Après un long silence, elle a dit qu'elle avait vu un corps revoler au-dessus de sa voiture. Juste un. C'était celui de la jeune fille, selon la preuve. Après, une femme est venue vers elle, et lui a demandé d'éteindre le moteur de sa voiture. C'était Pauline Volikakis, épouse et mère des malheureux motocyclistes. Mme Volikakis les suivait sur sa propre moto, mais elle a pu s'arrêter à temps. 

Mme Czornobaj a arrêté sa voiture. Elle se souvient qu'une autre femme est venue vers elle, l'a fait asseoir un peu plus loin et lui a conseillé de ne pas regarder vers la scène de l'accident. Peu après, la police est arrivée. Ils l'ont amenée au poste de police et lui ont lu ses droits. Ils lui ont appris le décès de M. Roy. Elle est restée quatre heures au poste de police. Elle se souvient qu'elle était «sous le choc de ce qu'elle avait vu.» Elle a fourni une déclaration, a raconté l'histoire des canards. Elle a été relâchée. «Ils ne m'ont rien dit», a-t-elle raconté. 

Ce n'est que 14 mois plus tard, en août 2011,  qu'elle a su qu'elle serait accusée.

Me Marc Labelle a questionné sa cliente sur sa vie. La jeune femme anglophone est originaire de Châteauguay. Au moment des faits, elle vivait chez ses parents, travaillait chez Kruger, à Boucherville, et la Honda Civic appartenait à son père. Elle avait un DEC en design de mode et a ensuite fait un baccalauréat en commerce à l'université Concordia. La famille avait deux chiens et deux chats. Elle aime les animaux.

Le soir fatidique, elle était partie de chez ses parents vers 18h00 pour se rendre à la maison de son patron à Candiac. Celui-ci était en vacances, et la jeune femme avait la tâche d'aller nourrir le rat de la famille, qui se trouvait au sous-sol, et vérifier que tout allait bien. Elle y allait aux deux jours. Ce soir-là, elle est restée environ une demi-heure à Candiac, puis a repris la route pour revenir à Châteauguay.

En contre-interrogatoire, Me Annie-Claude Chassé a demandé à la jeune femme qu'est-ce qu'elle aurait fait des canards, si elle avait réussi à les attraper. 

Elle les aurait mis sur le siège arrière de sa voiture pour les amener chez elle. C'était la première fois de sa vie qu'elle approchait des canards, assure-t-elle.

Le contre-interrogatoire de Mme Czornobaj se poursuit mercredi. Les parties devraient ensuite adresser leurs plaidoiries au jury.




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