Comment Benoit Roberge a été piégé

Benoît Roberge en 2000.... (PHOTO ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Benoît Roberge en 2000.

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Daniel Renaud
La Presse

Les affidavits au soutien de mandats de perquisition dévoilés à la demande des médias à la suite du plaidoyer de culpabilité de Benoit Roberge nous permettent d'en apprendre davantage sur les circonstances de son arrestation et de la façon dont les policiers ont retrouvé Charlebois qui se cachait dans un chalet de la région de Sorel.

Ainsi, après l'évasion de Charlebois, les policiers constatent que dans les semaines précédentes, le motard a communiqué à 11 reprises avec un téléphone cellulaire appartenant à Benoit Roberge. Ils rencontrent l'ex-policier durant une heure 40 le 18 septembre et le suivent même jusqu'à ses bureaux de l'Agence du Revenu du Québec, au Complexe Desjardins à Montréal.

Deux jours plus tard, les policiers de la Sûreté du Québec prennent en filature un collaborateur de René Charlebois et l'observent acheter des produits de soins pour le corps et de la nourriture à l'épicerie, et un repas pour emporter dans un restaurant. Ils le suivent jusqu'aux abords des îles de Sorel et obtiennent ensuite des mandats pour procéder à des recherches de téléphones cellulaires par triangulation. Cela leur permet de cibler un chalet de l'île Guèvremont où se terre Charlebois. Mais lorsque les policiers interviennent pour l'arrêter le 26 septembre vers 1h15, il se suicide sous leurs yeux.

Le 30 septembre, les enquêteurs arrêtent le commissionnaire du motard qui admet avoir aidé Charlebois à se cacher et avoir réalisé quatre vidéos avec lui dans le chalet. Mais à l'issue de l'entretien, l'homme lance une bombe : Benoit Roberge donnait à Charlebois des informations privilégiées «soit l'identité de source, d'agent civil d'infiltration, de témoin repenti et d'enquête en cours», et qu'il a même des enregistrements pour le prouver.

René «Baloune» Charlebois... (Photo archives La Presse) - image 2.0

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René «Baloune» Charlebois

Photo archives La Presse

Le piège se referme

Le 5 octobre, les policiers obtiennent d'urgence un mandat d'écoute pour Benoit Roberge. Un agent d'infiltration communique avec lui, lui annonce qu'il possède les enregistrements compromettants et exige 50 000$ en échange. Roberge répond qu'il n'a que 10 000$. L'agent accepte tout de même de faire la transaction et lui donne rendez-vous dans un stationnement souterrain du Quartier DIX-30. Les policiers observent Roberge quitter son chalet de Saint-Denis-de-Brompton dans les Cantons-de-l'Est et se rendre chez lui, sur la rive sud de Montréal. Il entre dans sa maison et en ressort avec un paquet qu'il dépose sous le hayon de sa camionnette BMW. En chemin vers Brossard, Roberge appelle un individu pour lui servir de témoin lors de la transaction. L'ex-policier se gare dans un stationnement souterrain situé près d'un hôtel, sort de son véhicule avec un sac à la main et se dirige vers la voiture de l'agent d'infiltration. Ce dernier n'est pas présent, mais Roberge dépose le sac dans le véhicule et saisit un enregistreur qui se trouve sur la banquette. Au moment où il s'apprête à quitter le Quartier DIX/30, Roberge est arrêté par les membres du Groupe tactique d'intervention de la SQ, en compagnie de son témoin, un individu -ce n'est pas dans les affidavits- qui serait un proche du Hells Angels Michel Lajoie-Smith, selon nos informations.

Roberge est ensuite accusé d'entrave à la justice, abus de confiance et gangstérisme. Le 11 novembre, il envoie de sa prison une lettre de deux pages, écrite à la main à l'encre bleue sur du papier ligné, contenant des informations sensibles. Celle-ci est interceptée par les agents correctionnels, mais les affidavits ne donnent aucun détail sur son contenu.




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