Meurtre d'une septuagénaire: «Je voulais qu'elle arrête de parler»

Kathleen Livingstone... (Photo tirée du profil Facebook de la victime)

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Kathleen Livingstone

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Le 23 juin 2011, Ellen Dennett était «si furieuse» contre la septuagénaire qui l'hébergeait qu'elle l'a poussée en bas des escaliers et poignardée avec non pas un, mais deux couteaux, parce que le premier qu'elle a utilisé s'est brisé.

«Je voulais seulement qu'elle arrête de parler», a dit Ellen Dennett, la voix entrecoupée de sanglots, au deuxième jour de son procès, mardi, au palais de justice de Longueuil.

Dennett, 59 ans, est accusée du meurtre non prémédité de Kathleen Livingstone, une femme de 78 ans en fauteuil roulant. Elle s'était installée dans son domicile de Brossard quelques semaines avant le drame pour l'aider à prendre soin d'elle.

Native de Montréal, Ellen Dennett venait tout juste de revenir au Canada après avoir passé plus de 20 ans en Californie. Dans les mois précédents son retour, elle avait fait la connaissance sur Internet du fils de la victime, Robert Livingstone. Ce dernier était entré en contact avec elle sur le site Facebook parce qu'ils avaient de la parenté en commun.

Au début, le plan d'Ellen Dennett était de s'installer avec lui. «Je suis tombée amoureuse de lui et il me disait la même chose chaque jour», a-t-elle dit. Elle soutient avoir quitté son emploi d'«assistante médicale» en Californie et avoir mis fin à son bail pour le rejoindre. Elle acceptait également de laisser derrière elle sa fille, adulte et mariée.

Dennett soutient que Robert Livingstone devait venir la chercher en Californie, mais qu'il lui a posé un lapin à deux reprises. Elle a alors compris qu'il ne viendrait pas. Après avoir parlé à Kathleen Livingstone au téléphone, elle a tout de même décidé de venir à Montréal pour l'«aider» et pour revoir sa tante et ses cousins.

Trois semaines après son arrivée, Ellen Dennett s'est installée chez Kathleen Livingstone, et ce même si Robert était parti vivre à Toronto. La relation entre les deux femmes, «très bonne» au début, s'est graduellement détériorée. «Je ne faisais jamais rien de bien. Je faisais toujours quelque chose de mal», a dit Ellen Dennett, qui soutient que la victime la critiquait sans cesse.

Le matin du 23 juin 2011, Ellen Dennett installait des tuiles au sous-sol lorsque Kathleen Livingstone l'a interpellée parce qu'elle désirait sortir. La septuagénaire lui aurait reproché d'avoir laissé la porte du sous-sol ouverte. Puis, elle lui aurait dit: «Je ne peux pas croire que tu as laissé ta fille pour un perdant comme mon fils». Comme la fille d'Ellen Dennett est «tout pour elle», ce commentaire l'aurait profondément choqué et lui a fait «perdre le contrôle».

Comme Ellen l'a admis aux policiers, elle a poussé la vieille femme en bas des escaliers et lui a dit de «se la fermer». Elle est allée chercher un premier couteau à la cuisine et l'a poignardée aux côtes et au dos. Lorsque le couteau s'est cassé, elle est allée en chercher un autre et l'a achevée.

Les policiers l'ont arrêtée le 25 juin dans un hôtel du Vieux-Montréal. Elle y avait loué une chambre avec la carte de crédit de la victime.

En contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Sacha Blais, lui a demandé pourquoi elle est restée chez la victime si elle était à ce point malheureuse. «Je ne sais pas, a-t-elle répondu. J'espérais seulement qu'il (Robert Livingstone) revienne.»

Le fils de la victime, qui assiste au procès, est sorti de la salle d'audience au milieu du témoignage, visiblement ébranlé. Il a déploré que l'accusée dépeigne sa mère «comme le diable». «Elle n'était pas si pire que ça», a dit l'homme au fort accent écossais.

Les plaidoiries auront lieu vendredi matin. La défense demandera de réduire l'accusation de meurtre non prémédité à une accusation d'homicide involontaire.




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