Un devoir d'école bâclé tourne au feuilleton judiciaire

Un devoir à recommencer pour un élève de 9 ans, en 2004, s'est transformé en... (Photothèque La Presse)

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Un devoir à recommencer pour un élève de 9 ans, en 2004, s'est transformé en monstrueuse affaire judiciaire qui n'en finit plus. L'enseignante Mary Kanavaros, qui a récemment obtenu 234 000$ en dommages des parents de l'élève, leur réclame maintenant 975 000$ parce qu'elle se dit incapable de reprendre le travail.

Mme Kanavaros soutient qu'elle est en dépression majeure. À 54 ans, il est peu probable qu'elle puisse recommencer à enseigner ou entreprendre une nouvelle carrière, lit-on dans la poursuite déposée à Montréal.

Une première poursuite intentée par les parents

Toute l'affaire a commencé en 2004 à l'école Roslym, à Westmount. Mme Kanavaros avait parmi ses élèves, dans sa classe de quatrième année, le fils d'Hagop Artinian et de Kathryn Rosenstein. Un jour, Mme Kanavaros a fait recommencer une partie d'un devoir à l'enfant, parce que c'est sa mère qui l'avait fait.

Les parents n'ont pas apprécié la manière de l'enseignante et s'en sont plaints à l'école. Comme ils n'ont pas obtenu satisfaction, ils ont intenté une poursuite de 155 000$ contre l'enseignante, le directeur de l'école et la commission scolaire.

En mars 2008, au moment où le procès devait commencer, les parties ont mis fin au litige dans une entente confidentielle, sans admission de responsabilité des faits reprochés.

En sortant de la salle d'audience, les parents ont cependant fait des déclarations à deux journalistes. Ils ont affirmé qu'ils avaient obtenu gain de cause, que l'enseignante était désormais une «femme marquée» et qu'elle devrait y penser à deux fois avant de faire d'autres gestes non professionnels.

Leurs propos ont été diffusés dans les médias et l'enseignante en a été grandement perturbée.

Malicieusement

Mme Kanavaros a répliqué par une poursuite en diffamation contre les parents, qu'elle a gagnée en 2010. Puisqu'elle estimait que les parents avaient agi malicieusement, la juge Danielle Richer les a condamnés à payer 234 011$ à l'enseignante, qui était déjà en dépression à ce moment.

Cette somme devait compenser les dommages et la perte de revenus causés à l'enseignante jusqu'en décembre 2010, a signalé la juge. Elle pensait que Mme Kanavaros serait en mesure de tourner la page et de retourner au travail à partir de ce moment.

La juge a cependant précisé que, si ce n'était pas le cas, l'enseignante pourrait réclamer des dommages supplémentaires.

Une bataille juridique qui a des conséquences pour tous

Les parents se sont adressés à la Cour d'appel, qui les a déboutés et a même ajouté 552$ à la somme qu'ils devaient payer. Ils ont alors poussé l'affaire jusqu'en Cour suprême. En juin dernier, le plus haut tribunal du pays a refusé de les entendre.

Le couple s'est ensuite fait tirer l'oreille pour payer, si bien que Mme Kanavaros a demandé une saisie sur sa maison de Westmount. Le couple a fini par payer pour éviter que sa maison soit vendue sous contrôle de justice.

Mme Kanavaros, qui serait toujours en thérapie, selon la poursuite, réclame maintenant 975 000$ pour pertes de revenus depuis janvier 2011 et pour l'avenir, de même qu'en dommages pour atteinte à sa réputation. Elle demande aussi la saisie avant jugement de la maison du couple pour assurer le paiement de ces sommes.

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