Une soirée sur la banquise

Des centaines d'automobilistes sont coincés, comme nous, dans... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE)

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Des centaines d'automobilistes sont coincés, comme nous, dans cet enfer blanc. Le bouchon sur l'autoroute 20 s'étend sur près de neuf kilomètres.

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Katia Gagnon
La Presse

Mardi, 17h30. Nous roulons en direction de Montréal après  une virée dans le Bas-St-Laurent. Soudain, le trafic déjà difficile en raison du  mur blanc qui se dresse devant nous ralentit encore. La voiture de police, devant nous, est pratiquement immobile dans le blizzard.

Et puis, c'est l'arrêt total.

Depuis plus de de deux heures trente, nous sommes immobiles sur l'autoroute 20 ouest, à la hauteur de Ste-Hélène de Bagot. L'autoroute est fermée en raison d'un accident survenu au kilomètre 152. Plus le temps passe, plus les vents sont forts, plus la neige danse furieusement devant nos phares.

Des centaines d'automobilistes sont coincés, comme nous, dans cet enfer blanc. Le bouchon sur l'autoroute 20 s'étend sur près de neuf kilomètres.

En sortant de l'auto, le vent coupe le souffle. La progression est pénible car nous sommes à l'arrêt depuis si longtemps que les bancs de neige de près d'un mètre se sont accumulés sur l'autoroute. En fait, on commence à se demander si et comment on va pouvoir repartir d'ici.

Philippe Cloutier, banquier d'affaires, a eu la mauvaise idée de partir de Québec en fin de journée pour revenir à Montréal. «On n'aurait pas dû!», dit-il en riant. Son auto, située juste derrière la nôtre, est accessible en passant par dessus un amoncellement de neige qui nous monte jusqu'aux genoux.

Audrey Lacombe, elle, est aussi venue de Québec pour aller voir ses parents à Granby. Être coincée sur l'autoroute ne l'inquiète pas trop. «Tant que j'ai de l'essence, tout va bien!». Heureusement, son réservoir est presque plein.

Marco Boucher et son ami sont partis de Drummondville au même moment. Son ami, qui roulait juste devant lui, a pu passer avant que l'accident survienne : il est déjà parvenu à sa destination, à Saint-Hilaire. Marco, lui, déneige péniblement son camion sur la 20.

La voiture de Sûreté du Québec qui bloque la circulation est à cinq minutes de marche difficile dans la tempête. Il y a deux carambolages distincts, devant nous. Un poids lourd a également dérapé dans le fossé juste devant.

«Pour l'instant, on ne fait rien, on attend les directives», dit le jeune policier de la SQ, prénommé Maxime. Il a rarement vu une telle tempête arrêter ainsi la circulation en pleine heure de pointe.

«Honnêtement, ça fait très longtemps que j'ai vu ça!»




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