Concordia: l'alerte à la bombe non fondée, dit la police

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Le branle-bas de combat a été causé par une lettre de menaces envoyée à des médias et à l'université.

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La fouille des pavillons de l'Université Concordia visés par une alerte à la bombe contre les étudiants musulmans s'est révélée négative, a annoncé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) : aucun engin explosif n'a été trouvé au cours des fouilles minutieuses qui ont eu lieu.

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Cette alerte à la bombe survient alors que l'Association des étudiants musulmans de Concordia (MSA) organisait sa semaine de sensibilisation à l'Islam, avec plusieurs kiosques où des policiers se sont installés à la suite de l'alerte.

Patrick Sanfaçon, La Presse

Une lettre islamophobe envoyée à plusieurs médias ce matin annonçait l'explosion de plusieurs bombes avait forcé l'évacuation de trois pavillons du campus du centre-ville. 

La direction de l'établissement a ordonné à 11h30 à ses étudiants et à son personnel de quitter les bâtiments EV (1515 rue Sainte-Catherine Ouest), ainsi que le Henry F. Hall (1455 boulevard De Maisonneuve Ouest). Un peu après midi, le pavillon GM - au-dessus de la station de métro Guy-Concordia - a aussi été visé par un ordre d'évacuation. 

« Les recherches sont terminées. Tous les pavillons ont été vérifiés et tout s'avère négatif », a affirmé le porte-parole du SPVM Benoit Boisselle. « L'enquête va être maintenant transférée à l'enquêteur des crimes majeurs pour tenter de se rendre à la personne qui est à l'origine du courriel. »

M. Boisselle a indiqué que les lieux que les étudiants musulmans de Concordia fréquentent ont fait l'objet d'une attention particulière. Il a aussi précisé que la présence de la police sur le campus serait renforcée dans les prochains jours.

En point de presse, l'université et le gouvernement ont déploré la situation. « C'est incroyable, c'est une surprise, c'est déplorable», a affirmé Alan Shepard, le recteur de Concordia. « Nous avons une université très inclusive. » 

« Nous déplorons fermement, avec tous les mots possibles, cet acte criminel qu'est de menacer une université », a dit la ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David. « Cette université est un modèle de vivre-ensemble. » Elle a promis que le gouvernement mettait tout en oeuvre pour assurer la sécurité des étudiants.

Le branle-bas de combat a été causé par une lettre de menaces envoyée à des médias - dont La Presse - et à l'université. Le message promettait plusieurs explosions d'ici le 3 mars.

Un groupe baptisé « Conseil des citoyens conservateurs du Canada » y annonce son plan de « faire exploser quotidiennement de petits engins artisanaux amateurs » dans des zones « où les musulmans passent leur temps ».

« Maintenant que le président Trump est en poste au sud de la frontière, les choses ont changé. Nous ne tolérons plus votre comportement », écrit le groupe aux étudiants musulmans de Concordia. « Une de nos membres a signalé sa préoccupation à [l'association étudiante] - qui n'a rien fait - sur le discours souvent anti-chrétien et anti-juif pendant la prière du vendredi. »

Cette alerte à la bombe survient alors que l'Association des étudiants musulmans de Concordia (MSA) organisait sa semaine de sensibilisation à l'Islam, avec plusieurs kiosques. 

«Malheureusement les activités pour le reste de la journée sont annulées », a écrit l'association sur les réseaux sociaux. Ses responsables n'ont pas immédiatement retourné le message de La Presse.

«Nous n'avons jamais entendu parler de ce groupe-là», a assuré Thomas David Bashore, responsable des finances et porte-parole de la Concordia Student Union. M. Bashore n'avait jamais entendu parler d'une plainte concernant le comportement des étudiants musulmans. «Depuis que je suis à Concordia, je n'ai jamais entendu parler de gestes islamophobes contre des étudiants.» Il a par la suite précisé qu'il faisait uniquement référence à l'absence d'appel à la bombe visant les musulmans de l'université par le passé.

Christopher Gyorffy, de l'Association pour la Voix Étudiante au Québec (AVEQ) dont CSU est membre, a affirmé que « Concordia se distingue par sa multiculturalité ». « Nous sommes consternés, choqués et troublés. La haine, le fascisme et le terrorisme ne sont pas des solutions», a-t-il ajouté.

Le SPVM qualifie de son côté les évacuations de « préventives ».

« Plusieurs policiers sont déployés aux deux pavillons qui ont été ciblés », a indiqué le policier Boisselle.

Évacuation dans le calme

Sur place, ce midi, des dizaines d'étudiants patientaient sur les trottoirs du campus.

C'est un message sur le système de haut-parleurs qui les a avertis de l'ordre d'évacuation. « Tout s'est fait calmement. Nous croyions que c'était un problème électrique, un problème avec le bâtiment », a affirmé Ahmed Banat.

Le jeune homme est lui-même musulman. « L'atmosphère a Concordia était un peu tendue, avec ce qui s'est passé récemment », a-t-il témoigné. « L'air en était chargé, c'était un enjeu. Mais rien de concret jusqu'à ce qui s'est passé aujourd'hui. »

Trevor Smith, un employé de l'association étudiante locale qui travaillait dans l'un des pavillons visés a confirmé que l'évacuation s'était faite sans problèmes. « Je ne savais pas que c'était une alerte à la bombe avant de sortir », a-t-il dit. « Il n'y avait pas de panique, les gens marchaient. »

Certains étudiants sur place font un lien entre l'alerte à la bombe et la période d'examens de mi-session qui bat son plein.




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