Mort d'une jeune fille: le déneigeur montré du doigt par le coroner

Océanne Pagé-Dufour... (PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK)

Agrandir

Océanne Pagé-Dufour

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Louise Leduc
La Presse

Le « principal facteur contributif » à la mort d'Océanne Pagé-Dufour a été « la chaussée glacée, mal entretenue » par un entrepreneur qui « a une obligation de résultat » et qui n'a pas étendu assez d'abrasif, conclut le coroner Yvon Garneau.

Le matin du 18 mars 2016, Océanne Pagé-Dufour, qui habite à Saint-Guillaume, près de Drummondville, part de la maison avec ses deux soeurs pour aller à l'école. Il avait neigé pendant la nuit et ce matin-là, il faisait - 5ºC.

À 7 h 45, la voiture dans laquelle prennent place les jeunes filles dérape et entre en collision avec une autre automobile, du côté où est assise Océanne, à l'arrière. Dès que l'adolescente sera tirée de la carcasse de la voiture, les ambulanciers entreprendront de longues manoeuvres de réanimation. En vain. Océanne mourra à 9 h 05, à l'âge de 14 ans.

En toutes lettres, le coroner indique dans son rapport que la soeur aînée, qui était au volant, n'y est pour absolument rien.

« Son bulletin de conduite (SAAQ) était vierge, son état d'esprit était normal. Elle s'est couchée vers 22 heures la veille et elle avait passé la journée à suivre ses cours au cégep. »

La façon dont elle conduisait n'est pas en cause, pas plus que l'automobile, qui était en bon état et chaussée de bons pneus.

Ce qui est en cause, écrit le coroner, c'est l'insuffisance d'abrasif sur la route.

« C'est d'ailleurs ce qu'on peut constater dans le rapport de la reconstitutionnaliste de la Sûreté du Québec, écrit le coroner. Elle précise bien dans son rapport : "mauvais entretien hiverval". »

Ce vendredi-là, il n'y avait pas de fermeture de route, et le ministère des Transports n'avait pas émis d'avis particulier.

« La situation n'exigeait qu'un bon entretien de la route [conformément au contrat] », estime le coroner Yvon Garneau.

Or, il y avait deux à trois centimètres de glace sur la chaussée, ce qui la rendait si dangereuse que le premier patrouilleur de la Sûreté du Québec dépêché sur les lieux a déclaré au coroner qu'il avait failli déraper « et qu'il avait été surpris par le mauvais entretien de la chaussée ».

L'entrepreneur, qui dira que l'entretien de la route ce jour-là avait été fait par un sous-traitant, essuiera d'ailleurs une amende du ministère des Transports.

La recommandation du coroner au ministère des Transports : qu'il exige à l'avenir que les entrepreneurs qui présenteront une soumission aient des camions munis de GPS.

« LE DEUIL N'EST PAS FINI »

Claude Dufour, le père d'Océanne, est content que soit confirmé et dénoncé le piètre entretien de la chaussée, dont il est convaincu depuis le début.

« À l'hôpital, j'ai regardé ma fille aînée droit dans les yeux et je lui ai clairement dit qu'elle n'avait rien à se reprocher », dit le père, faisant écho à ce que conclut le rapport.

Les derniers mois ont été très difficiles pour la famille Pagé-Dufour, une famille qui est tissée serré, dit le père. « Le deuil n'est pas fini et peut-être qu'il ne finira jamais. »

En vertu du régime de « no fault » au Québec, les parents d'Océanne se sont fait dire qu'ils ne pourront pas déposer de poursuites. 

Me Marc Bellemare confirme. « Pour toute forme de dommage lié à l'utilisation d'une automobile, les victimes n'ont aucun recours au Québec, ce qui est très injuste. »

Le ministère des Transports n'a pas rappelé La Presse.




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer