Tragédie à Pointe-aux-Trembles: le chien meurtrier est bel et bien un pitbull, selon le SPVM

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Le chien qui a tué Christiane Vadnais dans sa cour à Pointe-aux-Trembles est bel et bien un pitbull, d'après les documents officiels du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

C'est ce que les enquêteurs ont écrit dans leur rapport, a indiqué hier à La Presse la Ville de Montréal, qui a pris soin de prendre connaissance du document en fin de semaine. Des médias venaient alors de rapporter que le molosse avait été enregistré comme boxer par son jeune propriétaire, Franklin Junior Frontal.

La Ville a aussitôt décidé de faire analyser l'ADN de la bête et attend toujours les résultats.

C'est l'organisme Humane Society International - qui protège les animaux et conteste tout règlement visant les pitbulls - qui a fourni aux médias le document d'enregistrement de Lucifer, le chien de Frontal. La bête meurtrière a été enregistrée en 2011 à Anjou. Or les pitbulls et leurs croisements étaient alors interdits dans cet arrondissement. Et ils n'y sont toujours pas autorisés à moins d'être stérilisés et muselés en public.

Le jeune Frontal, au lourd dossier criminel, a-t-il menti au sujet de son chien pour contourner le règlement ? « C'est une question pertinente. Je vois mon client cette semaine et je vais le lui demander », a déclaré à La Presse son avocate, Me Audrey Amzallag.

Les pitbulls et les boxers ont certains traits communs, mais ne sont pas des clones et sont relativement faciles à distinguer pour les amateurs. Mais ils sont parfois croisés ensemble.

L'ADN ne permettra pas nécessairement d'en avoir le coeur net. L'entreprise américaine offrant le test le plus connu, Wisdom Panel, prévient ses clients qu'elle peut identifier plus de 250 races, mais pas les pitbulls, ceux-ci étant « génétiquement divers » et « pouvant maintenir plusieurs similarités génétiques avec leurs races d'origine et d'autres races étroitement liées ». « De façon routinière », précise son site web, on décèle chez les pitbulls les traits génétiques de différents terriers et chiens de garde, incluant les mastiffs, les bouledogues et les boxers.

UNE NOUVELLE BRIGADE EFFICACE

Pour éviter d'autres tragédies, la Ville a lancé il y a deux semaines une nouvelle brigade canine, comme le rapportait La Presse hier. Celle-ci remet des constats d'infractions à des propriétaires fautifs, sans licence réglementaire pour leur chien ou s'ils ne le tenaient pas en laisse ou avec une laisse « non conforme ».

Environ 4230 Montréalais se sont aussitôt rués pour se procurer une licence pour leur chien. Ce qui porte le nombre de chiens enregistrés à 25 000 - une hausse de 25 %. Jusqu'en octobre, la brigade canine ratissera Montréal, du matin au soir, y compris le week-end. 

La Ville consacrera aussi 300 000 $ à une grande campagne de sensibilisation, déjà lancée sur le web, à la radio et dans des journaux. Car si les estimations sont justes, malgré les progrès des deux dernières semaines, il reste toujours 125 000 chiens non enregistrés à Montréal.

CHIENS DANGEREUX

Le 22 août, lors du prochain conseil municipal, Montréal présentera surtout son projet de règlement unique sur les chiens dangereux. Le mois dernier, le maire Denis Coderre a déclaré qu'il en profiterait pour cibler les chiens de type pitbull, comme l'ont fait cet été Brossard, Longueuil et Mont-Royal. Et comme le font depuis plusieurs années quelques dizaines de municipalités québécoises, Winnipeg et l'Ontario.

D'autres villes comme Laval, Sainte-Julie et Sherbrooke ne sont pas certaines que cette approche controversée soit la meilleure. Elles préfèrent donc attendre la décision du gouvernement du Québec, qui a promis d'adopter une loi provinciale à ce sujet.

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