Mort de Jean Lapierre: vitesse et altitude trop élevées avant l'écrasement

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Presque toute la fratrie de Jean Lapierre est tragiquement décédée dans un écrasement d'avion aux Îles-de-la-Madeleine.

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La Presse Canadienne
DORVAL, QC

Une mise à jour de l'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) sur la tragédie aérienne qui a coûté la vie à l'ex-ministre et chroniqueur politique Jean Lapierre et à des proches, en mars dernier, indique que l'altitude et la vitesse de l'avion à l'approche de la piste à l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine étaient plus élevées que celles qui sont recommandées.

Le BST précise que d'après le profil d'approche aux instruments de l'avion en cause, la vitesse standard avant le repère d'approche initiale est de 150 noeuds, avant de ralentir à la vitesse d'approche finale de 125 noeuds, au-delà du repère d'approche finale.

La vitesse de l'aéronef qui transportait les sept victimes avant le repère d'approche initiale était de 240 noeuds et, au-delà du repère d'approche finale, la vitesse a diminué en-dessous de 175 noeuds.

Le document que le BST a publié mercredi ajoute que les moteurs de l'avion Mitsubishi MU-2B-60, les commandes de vol, le train d'atterrissage et les systèmes de navigation ne présentaient aucune anomalie mécanique.

«Après l'examen préliminaire qui a été fait sur l'appareil et l'examen de tous les dossiers techniques de l'appareil, il n'y a rien qui nous indique que l'appareil avait une anomalie quelconque», a expliqué le porte-parole du BST, Jean-Marc Ledoux.

Les dossiers indiquent que le pilote, Pascal Gosselin, @possédait les licences et les qualifications nécessaires pour effectuer le vol conformément à la réglementation en vigueur et qu'il avait suivi un programme de formation. Il avait aussi accumulé environ 2500 heures de vol au total, dont environ 140 heures aux commandes de ce type d'avion.

Quant au passager-pilote, Fabrice Labourel, qui était assis à la droite de M. Gosselin, il était un pilote professionnel. M. Labourel, qui ne pouvait toutefois pas piloter cet appareil, avait été invité pour aider M. Gosselin.

Les conditions météorologiques ont également été étudiées par le BST. Au fil de la journée, la visibilité et la hauteur des nuages ont varié et des rafales de vents ont été observées.

«Ça varie d'un aéroport à l'autre (...) mais de mémoire, aux Îles-de-la-Madeleine, la visibilité requise minimale est d'un mille et quart», a souligné M. Ledoux.

Pour cet incident, la visibilité aurait varié entre 1,5 à 3 milles terrestres.

«Ce ne sont pas des visibilités si basses que ça, nous on commence surtout à parler de basse visibilité lorsqu'on a un demi-mille de visibilité», a-t-il poursuivi.

Pour ce qui est des rafales, ce sont de «bons vents», a soutenu M. Ledoux, mais dans ce cas-ci, ils allaient en direction de l'axe de piste, «ce qui ne cause pas vraiment de problème». «Si les mêmes vents avec la même vélocité avaient été perpendiculaires à la piste - à 90 degrés - à ce moment-là, ça amène plus de défis», a-t-il ajouté.

Dans les environs des Îles-de-la-Madeleine, il y avait des risques de givrage mixte et modéré sous les 3000 kilomètres et un risque de turbulence mécanique modérée en dessous d'environ 900 mètres.

L'une des prochaines étapes de l'enquête du BST sera de déterminer pourquoi l'altitude et la vitesse de l'avion à l'approche étaient si élevées à l'aide notamment de l'enregistreur qui était à bord.

«L'enregistreur fournira des renseignements cruciaux pour comprendre les circonstances et événements qui ont mené à la perte de maîtrise de l'aéronef - des renseignements qui n'auraient pas été accessibles dans le cadre de cette enquête si l'aéronef n'avait pas été équipé d'un système d'enregistrement», écrit le BST.

Le BST poursuit son enquête pour rédiger les conclusions de son rapport final.

Outre Jean Lapierre, les victimes de cette tragédie ont été sa conjointe, Nicole Beaulieu, sa soeur, Martine Lapierre, ses frères Marc et Louis Lapierre et les deux membres d'équipage, Pascal Gosselin et Fabrice Labourel.

Rappel des faits :

- L'appareil immatriculé aux États-Unis quitte l'aéroport de Saint-Hubert, à Longueuil, le 29 mars à 9 h 31, heure de l'Est, à destination des Îles-de-la-Madeleine.

- À 11 h 17, heure de l'Est (12 h 17, heure avancée de l'Atlantique), l'appareil amorce sa descente alors qu'il est à environ 6400 mètres du niveau de la mer.

- À 11 h 25, le Centre de contrôle régional de Moncton autorise l'aéronef à s'approcher. Deux minutes plus tard, le pilote sort le train d'atterrissage de l'avion et déploie les volets d'approche.

- Quelques instants plus tard, le pilote désactive le pilote automatique et perd le contrôle de l'appareil. L'avion s'incline peu après et descend rapidement, avant de percuter le sol alors qu'il est dans une position presque horizontale. Les sept occupants sont blessés mortellement.

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