Meurtre d'un enfant en 1985: un suspect identifié

Denis Roux-Bergevin avait cinq ans et demi lorsqu'il... (photo fournie par la famille)

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Denis Roux-Bergevin avait cinq ans et demi lorsqu'il a disparu à l'heure du dîner le 3 juin 1985, alors qu'il mangeait un dessert glacé devant la résidence familiale du quartier Ville-Émard.

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Daniel Renaud
La Presse

Plus de 30 ans après l'enlèvement et le meurtre de son fils de cinq ans et demi, une mère de famille de Montréal s'est récemment fait annoncer par la police que le suspect a été identifié, mais qu'il ne serait jamais accusé, puisqu'il est mort.

Le corps mutilé de Denis Roux-Bergevin avait été... (photo archives la presse) - image 1.0

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Le corps mutilé de Denis Roux-Bergevin avait été retrouvé trois jours après sa disparition dans un cul-de-sac de la ville de Brossard, parmi des ordures.

photo archives la presse

Cette histoire sordide avait fait grand bruit à l'époque. Denis Roux-Bergevin était en train de déguster un dessert glacé, assis sur la marche de la porte d'entrée de la résidence familiale du quartier Ville-Émard, à l'heure du dîner le 3 juin 1985, lorsqu'il a disparu sans laisser de traces. Son corps mutilé a été retrouvé trois jours plus tard dans un cul-de-sac de la ville de Brossard, parmi des ordures.

Des liens possibles avaient ensuite été vérifiés entre le meurtre du petit Roux-Bergevin et ceux de trois autres garçons, Maurice Viens, 4 ans, Sébastien Métivier, 8 ans et Wilton Lubin, 12 ans, enlevés sept mois plus tôt, le même jour, le 1er novembre 1984. Les corps des petits Viens et Lubin ont été retrouvés dans les jours et les semaines suivants, mais celui du jeune Métivier n'a jamais été retrouvé.

Nicole Roux, la mère de Denis Roux-Bergevin, un enfant... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE) - image 2.0

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Nicole Roux, la mère de Denis Roux-Bergevin, un enfant de cinq ans et demi assassiné.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

INTENSES RECHERCHES

Après le meurtre de son fils, Nicole Roux s'est lancée dans un long travail de recherche et d'analyse, découpant tous les articles de disparitions, d'enlèvements ou de meurtres d'enfants, tentant de tisser des liens entre eux et tapissant sa table d'articles et de notes, comme des enquêteurs qui affichent des organigrammes et des théories aux murs de leurs bureaux. Au début des années 2000, deux enquêteurs des Crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lui ont donné le nom d'un premier suspect, mais la femme n'a pas été convaincue et a poursuivi ses recherches, accumulant une demi-douzaine de boîtes de documents au fil des années.

«Après la mort de mon fils, j'ai fait deux promesses :  que j'étais pour trouver le meurtrier et que je ne lâcherais jamais.»

Nicole Roux
mère de Denis Roux-Bergevin

Puis, 15 ans plus tard, en décembre dernier, un autre enquêteur est venu lui rendre visite, avec le même nom de suspect et des informations supplémentaires. Il lui a aussi annoncé que l'individu ne serait jamais accusé, puisqu'il s'était suicidé en prison.

« Nous lui avons dit que nous avions des motifs suffisants de croire que cette personne était impliquée dans le crime, mais qu'elle ne serait pas accusée, car elle est décédée », a confirmé le sergent Laurent Gingras, du SPVM.

UN HOMME AU LOURD PASSÉ

Cette fois-ci, Nicole Roux croit que le suspect est le bon. Elle a refusé de l'identifier à La Presse, mais selon nos informations, il s'agit de Jean-Baptiste Duchesneau, un ancien chauffeur de taxi qui avait de lourds antécédents de crimes violents sur des enfants. D'anciens articles de La Presse révèlent qu'à partir de 1973, Duchesneau avait passé plusieurs années au pénitencier, après avoir été condamné pour le meurtre d'une fillette de 7 ans à coups de marteau. En novembre 1993, il purgeait une autre peine pour avoir agressé sexuellement une autre fillette de 7 ans lorsque deux enquêteurs des Crimes majeurs du SPVM l'ont rencontré pour lui demander de subir le test du polygraphe au sujet des meurtres de Sébastien Métivier et de Wilton Lubin. Deux jours plus tard, la veille du test, Duchesneau s'est égorgé avec un outil tranchant de fabrication artisanale dans sa cellule du pénitencier de La Macaza.

Il est possible que Duchesneau ait emporté avec lui bien des secrets. Une source a confié à La Presse « qu'un suspect qui s'est suicidé et un autre individu encore vivant » pourraient avoir été impliqués dans une douzaine d'enlèvements et de meurtres d'enfants sur lesquels le SPVM, qui aurait même des preuves d'ADN, enquêterait toujours, en collaboration avec la Sûreté du Québec.

Quant à Mme Roux, elle considère avoir respecté ses promesses.

« Cela m'apporte une certaine paix. C'est terminé. Il n'y a pas d'autre chose à attendre, je suis rendue au bout de la route. Je vais essayer de mettre ça en arrière et, maintenant, je souhaite ne plus en entendre parler », dit la mère éprouvée, qui a voulu médiatiser ce développement pour souligner les 31 ans de la mort de son fils, le 5 juin 1985.

Mais elle a beau regarder vers l'avant, vers ses petits-enfants, il restera toujours quelque chose. « Lorsque je suis avec eux, je suis toujours à appréhender le danger. Je ne sais pas si je serai capable de passer par-dessus », conclut-elle.

Le fil des événements

  • 5 juin 1985: Denis Roux-Bergevin est enlevé devant la résidence familiale de la rue de Villiers, dans le sud-ouest de Montréal.
  • 8 juin 1985: Son corps est retrouvé dans une impasse de Brossard, près de l'autoroute 10. Il n'a pas été agressé sexuellement, dit sa mère. Il a toutefois été battu à mort, et la blessure mortelle  lui a été assénée par un objet contondant, à l'arrière du crâne.
  • 1er novembre 1993: Grâce à des informations fournies par des proches de Jean-Baptiste Duchesneau, deux enquêteurs du SPVM rencontrent ce dernier au pénitencier de La Macaza et lui demandent de subir le test du polygraphe pour répondre à des questions portant sur les meurtres de Sébastien Métivier et Wilton Lubin.
  • 2 novembre 1993: Duchesneau se suicide dans sa cellule, la veille du test du polygraphe. 

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