Chauffeur d'autobus tabassé: le «temps fait» a porté ses fruits, dit la défense

Quatre ans et demi de prison pour un jeune homme qui a frappé un chauffeur... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES  LA PRESSE)

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Quatre ans et demi de prison pour un jeune homme qui a frappé un chauffeur d'autobus à coups de poing, est-ce suffisant?

L'avocat de la défense Gary Martin estime que c'est dans la norme, et espère que son client, Daniel Quiroz Rivas, sortira bientôt du «fourneau», c'est-à-dire de la prison de Bordeaux, afin de réorienter sa vie de meilleure façon. «Il vient d'un bon milieu, c'était un geste irréfléchi, il a des remords», a notamment fait valoir Me Martin, lors des représentations sur la peine, vendredi, à Montréal.

Il revient maintenant à la juge Isabelle Rheault de décider ce qui arrivera à M. Rivas et à son coaccusé, Jeffrey Saint-Cloud. Les deux hommes de 23 ans ont plaidé coupable à une accusation de voie de fait grave à l'endroit du chauffeur d'autobus Marc-Olivier Fortin. Ils avaient 20 ans au moment des faits, le 24 avril 2013. Le troisième agresseur, un de leurs amis, a été jugé au tribunal de la Jeunesse puisqu'il n'avait pas encore 18 ans quand c'est arrivé. Il a écopé deux ans de garde fermée, la peine maximale dans les circonstances. 

Monter dans le bus

Les faits sont survenus vers 2h cette fameuse nuit de printemps, sur le boulevard Saint-Laurent. M. Fortin conduisait un bus de la ligne 55. Les jeunes affirment avoir couru pour attraper le bus, avoir frappé dans la porte pour monter, mais le chauffeur est parti en leur souriant. Témoin de la chose, un taxi aurait fait monter les jeunes gratuitement afin qu'ils rattrapent le bus. En montant dans le bus, les jeunes ont dit leur façon de penser au chauffeur, qui aurait rétorqué : «Veux-tu une raclée?»

Rendu à destination, à Jean-Talon, les jeunes sont sortis par l'avant, et au moins l'un deux a craché sur le chauffeur en passant. Celui-ci s'est levé de son siège, et s'est précipité vers la porte. Il y a eu altercation et M. Fortin a été tabassé à coups de poing à la tête par les trois jeunes. Il aurait reçu entre 12 et 18 coups de poing.

Pas clair

Le chauffeur n'a pas repris le travail depuis. Son dossier médical est volumineux, il a passé de nombreux tests, mais les séquelles ne sont pas claires. La procureure de la Couronne Geneviève Langlois a parlé de séquelles permanentes, et du fait qu'il ne pouvait plus conduire d'autobus. 

Me André Lapointe, avocat de Saint-Cloud, a a pour sa part soulevé des parties du rapport médical qui laissent entendre que M. Fortin pourrait feindre certains symptômes. M. Fortin ne s'est pas présenté devant la juge Rheault, et n'a donc pas témoigné. Il a envoyé une lettre décrivant ses séquelles. Son père a pour sa part assisté aux procédures et a témoigné des séquelles de son fils.

Détention

La Couronne demande sept ans de prison pour les deux accusés, tandis que leurs avocats demandent le «temps fait.»  

M. Rivas est détenu depuis avril 2013. Le temps passé en détention préventive étant habituellement comptabilisé à temps et demi, ça lui fait 4 ans et demi de temps accumulé. 

Le cas de Saint-Cloud est un peu différent, puisque la liberté conditionnelle lui a été accordée à un certain moment. Le ministère public a contesté et l'affaire s'est rendue jusqu'en Cour suprême. Saint-Cloud a été réincarcéré en 2015, suite au jugement de la plus haute cour du pays. Il aurait à peu près deux ans de temps fait.

La juge Rheault rendra sa décision le 4 mai.

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