Meurtre au Maxi: la thèse d'un amour non partagé privilégiée

Clémence Beaulieu-Patry (photo tirée de Facebook) et Randy Tshilumba... (PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK ET FOURNIE PAR LA SPVM)

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Clémence Beaulieu-Patry (photo tirée de Facebook) et Randy Tshilumba (photo fournie par le SPVM).

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Daniel Renaud
La Presse

Soixante-douze heures après le meurtre sordide du Maxi, la police tentait toujours de connaître les motivations de l'assassin de Clémence Beaulieu-Patry, mais la thèse des sentiments non réciproques entre lui et sa victime est parmi les plus plausibles.

Le suspect dans cette affaire, Randy Tshilumba, 19 ans, a été arrêté mardi soir et accusé de meurtre prémédité hier au palais de justice de Montréal.

Tshilumba et la victime ont fréquenté la même école secondaire, Louis-Riel, dans le Nouveau-Rosemont, et se connaissaient.

La poursuite et la police établissent la préméditation par le fait notamment que dans les jours précédant le drame, Tshilumba et la jeune femme de 20 ans se seraient vus, peut-être même au Maxi où travaillait Clémence Beaulieu-Patry et où elle a été tuée sauvagement dimanche soir. On ignore ce que le suspect et Clémence Beaulieu-Patry se sont dit lors de cette rencontre, mais la police n'exclut pas que Tshilumba se soit senti éconduit.

Randy Tshilumba serait resté caché pendant plusieurs heures... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE) - image 2.0

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Randy Tshilumba serait resté caché pendant plusieurs heures dans les toilettes d'un Tim Hortons près du Maxi.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Selon l'Agence QMI, Randy Tshilumba se serait réfugié dans un restaurant Tim Hortons, situé à proximité, tout juste après le meurtre. Il serait resté caché pendant plusieurs heures dans les toilettes de l'établissement, puis serait parti durant la nuit sans être importuné. Des policiers auraient même utilisé les toilettes du restaurant, alors que l'accusé s'y trouvait, rapporte l'Agence QMI.

Hier soir, une connaissance de ce dernier a déclaré à La Presse que le suspect aurait été amoureux de Clémence Beaulieu-Patry depuis longtemps, que la rencontre entre les deux aurait eu lieu samedi, la veille du drame, et que le soir du meurtre, après 21h, Tshilumba aurait appelé son meilleur ami, paniqué.

On sait peu de choses sur le suspect qui a eu une page Facebook vraisemblablement supprimée récemment.

Sportif, Tshilumba a visiblement pris part à différentes épreuves opposant des écoles alors qu'il était au secondaire. Avant son arrestation, il étudiait en administration au cégep André-Laurendeau et était impliqué dans le club de jeunes entrepreneurs de l'établissement scolaire. « C'était un élève calme, qui passait bien ses cours », selon un collègue de classe qui l'a croisé pendant la première année.

Sur les réseaux sociaux ou ailleurs, les amis de Randy Tshilumba sont choqués ou consternés par le crime horrible dont le suspect est soupçonné. « Il était vraiment timide surtout envers les filles. Il n'arrivait pas à avancer vers elles. Je n'arrive pas à y croire, C'est inhumain. On aurait dit n'importe qui d'autre, sauf Randy. Il n'était jamais violent. Il avait un grand problème de bégaiement mais à part de ça, aucun problème comportemental», a déclaré Imad Soliman à La Presse.

L'accusé n'a pas d'antécédents criminels. Selon des informations policières, il n'aurait pas de problème psychiatrique connu. Depuis environ cinq ans, nous a- t-on dit, il habitait avec sa mère dans une coopérative d'habitation de huit logements de la rue Davidson, près de la rue Sainte-Catherine, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

« ON VEUT VOIR TES MAINS »

« Il était toujours poli et gentil », affirme Rémi Gauthier, qui croisait souvent le jeune homme dans l'escalier. Vers 22 h 40 mardi soir, le téléphone a sonné chez ce locataire. C'était la police qui lui demandait de déverrouiller la porte d'entrée de la coopérative d'habitation. « Restez dans votre logement », lui a ensuite ordonné un enquêteur, suivi par les policiers casqués du Groupe tactique d'intervention.

Peu après, M. Gauthier a entendu des cris au quatrième étage. « Couche-toi, on veut voir tes mains », ont lancé les policiers à Randy Tshilumba, qui n'a offert aucune résistance, a été menotté un demi-palier plus bas puis transporté en véhicule de patrouille.

Dès le début de cette sordide affaire, les enquêteurs des Crimes majeurs de la police de Montréal se doutaient qu'il y avait un lien entre le suspect et sa victime, mais ignoraient lequel. C'est la diffusion, dans les médias, de la photo de l'agresseur filmé par les caméras de surveillance du Maxi qui a précipité les choses. La police a reçu plus de 80 informations du public qui ont permis aux enquêteurs d'identifier le suspect et même de reconstituer son trajet entre le lieu du crime et sa résidence, le soir du drame. Une vingtaine d'enquêteurs ont travaillé d'arrache-pied pour élucider le crime le plus rapidement possible.

«Au début, nous n'étions pas certains si la victime avait été choisie au hasard. Le meurtre a été commis dans un endroit public. Cela affectait le sentiment de sécurité. Le temps jouait contre nous.»

Ian Lafrenière
Commandant du SPVM

Tshilumba, grand et mince, n'a manifesté aucune émotion lors de sa brève comparution dans une salle bondée. À l'opposé, une dizaine de jeunes, vraisemblablement des proches et des amis de la victime, les yeux rougis ou en pleurs, avaient de la difficulté à contenir leur douleur.

L'accusé n'a pas eu à plaider coupable ou non coupable et la cause a été reportée au 27 avril. En attendant, il lui est interdit de communiquer avec un jeune homme.

« LA DOULEUR EST IMMENSE »

Une proche de Clémence Beaulieu-Patry jointe au téléphone hier soir a indiqué que les membres de la famille de la jeune femme n'accorderaient pas d'entrevue. « On est épuisés actuellement, on vient de faire les arrangements. [...] La douleur est immense. »

Clémence Beaulieu-Patry, une jeune femme sans histoire, a été poignardée à mort vers 20 h 30 dimanche dans la section des vêtements du Maxi & Cie où elle travaillait, à l'angle des rues Crémazie et Papineau. Son agresseur est entré dans le magasin et a traversé tout l'établissement pour commettre cette agression sauvage sous les yeux d'une trentaine d'employés et de clients sidérés.

- Avec la collaboration de Christiane Desjardins et de Louis-Samuel Perron

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