Tragédie aux Îles-de-la-Madeleine: «Je suis resté à son chevet»

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Environ 20 pompiers ont participé aux opérations de désincarcération après l'écrasement d'un avion aux Îles-de-la-Madeleine, mardi.

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(ÎLES-DE-LA-MADELEINE) Le kérosène coulait sur la visière du pompier Sony Longuépée lorsqu'il a pénétré à l'intérieur de la carcasse de l'avion pour tenter de secourir Marc Lapierre, le seul survivant du violent impact qui venait de faucher la vie aux pilotes et aux quatre autres passagers.

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Les pompiers Sony Longuépée, Georges Sumarah et Stéphane Poirier

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« Quand je suis arrivé, le panneau du plafond de l'avion s'était affaissé, je l'ai levé et je l'ai entendu dire "Merci mon Dieu, merci mon Dieu." J'ai essayé de rentrer à l'intérieur, mais il y avait trop de débris. J'ai pris sa main à travers les décombres et il l'a serrée. Je suis resté à son chevet durant 5 à 10 minutes », a raconté jeudi M. Longuépée, rencontré à la caserne de Cap-aux-Meules.

Pendant ce temps, ses collègues s'affairaient à dégager les débris dans la carlingue et à défoncer une vitre du cockpit.

« Je l'ai délaissé pour aller le rejoindre à l'intérieur, mais ma bouteille me bloquait. Finalement, j'ai dû enlever mon masque à oxygène pour aller le chercher », racomte Sony Longuépée, pompier.

La victime a été transportée à l'hôpital, mais elle a malheureusement succombé peu de temps plus tard à ses blessures.

Environ 20 pompiers volontaires ont participé aux opérations de désincarcération.

Sony Longuépée et un collègue sont les deux seuls à être entrés à l'intérieur de l'appareil. Ils ont risqué leur vie pour dégager les dépouilles de l'aéronef.

Tout au long des opérations, du kérosène s'échappait de l'une des ailes qui s'était repliée sur elle-même lors de l'écrasement. Le chef des pompiers, Georges Sumarah, raconte qu'il s'agit d'un gaz très inflammable.

Malgré leurs efforts, les pompiers ne sont jamais parvenus à accéder aux batteries de l'avion pour débrancher les fils qui auraient pu faire des étincelles et causer un incendie.

« Je savais que mes gars étaient prêts derrière pour nous protéger en cas de feu, mais j'avais une inquiétude extrême. Ça coulait beaucoup. Tout le long je répétais dans ma tête : "j'espère que ça ne va pas prendre en feu" », a expliqué M. Longuépée, qui a dû être traité à l'hôpital après avoir respiré trop de vapeurs d'essence.

Le chef des pompiers raconte que l'opération pour sortir les victimes a pris un peu plus d'une heure. « C'est toujours trop long », soupire M. Sumarah.

Tous les pompiers ont eu droit à un service d'aide psychologique offert au CLSC. Ils ont d'ailleurs été rencontrés en groupe jeudi soir.

LA MAMAN LAPIERRE DANS LE COEUR DES POMPIERS

Les habitants des Îles-de-la-Madeleine forment une communauté tricotée serré. Tout le monde se connaît.

« En ce moment, mon coeur est beaucoup avec Mme Lapierre. De perdre son mari puis ses quatre enfants comme ça quelques jours plus tard : la vie est injuste », confie M. Sumarah. 

« Les Lapierre, c'était du bon monde, j'ai juste envie de prendre Mme Lapierre dans mes bras », dit Georges Sumarah, chef des pompiers des Îles-de-la-Madeleine.

En plein milieu de l'entrevue, les deux prêtres des Îles-de-la-Madeleine, Réjean Coulombe dit « le blanchon » et Raymond Cyr dit « le petit », font leur entrée dans la caserne pour offrir du soutien aux pompiers et faire quelques prières.

« C'est votre mission de rentrer dans les places où l'enfer est présent. C'est votre courage que l'on demande au Seigneur de bénir », a dit M. Cyr lors d'un moment de recueillement avec les quelques pompiers présents lors de leur passage. « Seigneur, veille sur tes serviteurs qui sont sur la première ligne. »

LES CORPS DES PILOTES RAPATRIÉS AUJOURD'HUI À MONTRÉAL

Le Bureau du coroner a annoncé jeudi que les corps des cinq passagers, dont celui du chroniqueur politique Jean Lapierre, ont été remis à la famille Lapierre, qui pourra commencer les préparatifs en vue des obsèques. Les dépouilles des deux pilotes seront transportées aujourd'hui à Montréal et feront l'objet d'une autopsie et de prélèvements toxicologiques au Laboratoire des sciences judiciaires et légales. « On veut s'assurer qu'il n'y a pas un élément inexpliqué comme un problème de santé qui a pu contribuer aux causes de l'accident », a expliqué Geneviève Guilbeault, porte-parole du Bureau du coroner. C'est le Dr Martin Clavet qui est chargé de faire le rapport sur les causes et circonstances de la mort des sept victimes. Le Dr Clavet s'est illustré en menant l'enquête du coroner à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic.

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