La mère d'une des jeunes fugueuses de Laval lance un cri du coeur

Sarah Hauptman... (Photo La Presse Canadienne)

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Sarah Hauptman

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La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La mère d'une des trois jeunes filles de Laval disparues au cours des derniers jours lance un cri du coeur.

Josée Chaput est très inquiète pour son adolescente de 16 ans, Sarah Hauptman, disparue samedi soir alors qu'elle passait la fin de semaine chez ses parents. La jeune fille résidait pendant la semaine au Centre jeunesse de Laval.

La police de Laval demande l'aide de la population pour retrouver Sarah Hauptman mais aussi Mathilde Geoffroy Aubé, elle aussi âgée de 16 ans. Une troisième adolescente, Kelly Martin Nolet, âgée de 14 ans, avait aussi été portée disparue mais elle a été retrouvée saine et sauve mercredi soir, grâce notamment aux informations de citoyens, a indiqué la police.

L'enquêteur Alain Meilleur, de la Police de Laval, a confirmé que les trois jeunes filles résidaient au même Centre jeunesse et qu'elles auraient fait une fugue. Selon le policier, certains indices laissent croire que les adolescentes auraient pu être la cible d'un réseau de prostitution juvénile.

En entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, jeudi, Josée Chaput était très inquiète parce que Sarah est atteinte du «syndrome non verbal», un trouble qui n'est pas apparent mais qui lui fait prendre des décisions de manière impulsive. Et une fois la décision prise, Sarah est incapable de revenir en arrière, même si elle comprend qu'elle s'est trompée, explique sa mère.

De plus, l'adolescente est atteinte de dyscalculie, un trouble sévère dans les apprentissages numériques. Sarah n'a jamais eu de succès à l'école, présente des difficultés avec la motricité fine, manque de maturité et adore l'argent mais n'en connaît pas vraiment la valeur. Or, rappelle sa mère, Sarah est très jolie.

«C'est la proie idéale pour un gang de rue...», déplore Mme Chaput, inquiète.

L'enquêteur Meilleur rappelle d'ailleurs que l'an dernier, sur 127 fugueuses, 33 avaient participé à des activités sexuelles. Les proxénètes, qui ne sont pas toujours membres de gangs de rue, visent la vulnérabilité des victimes.

«Les jeunes filles qui ne sont pas exploitées, on les retrouve en moyenne après six jours, tandis que celles qui sont exploitées, on les retrouve en moyenne en 24 jours», soutient le policier.

La mère de Sarah s'inquiète d'autant plus qu'il s'agit de la quatrième fugue de plus de 24 heures de l'adolescente et que «la dernière fois, elle nous a confirmé qu'elle avait fait de la prostitution».

Par ailleurs, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a admis que «manifestement, il y a un réseau qui s'est infiltré au Centre jeunesse de Laval, et la police est sur le coup». Interrogée à Québec sur la disparition de trois jeunes filles du même centre, elle a rappelé que depuis 2008, les adolescents ne sont plus enfermés au Québec dans les Centres jeunesse.

Par ailleurs, la ministre rappelle que le recrutement se fait notamment par l'entremise des médias sociaux, qui sont difficiles à surveiller. «Il faut mettre du meilleur encadrement autour des réseaux sociaux, c'est ce que le Centre de Laval fait déjà, et ils vont resserrer davantage», a-t-elle indiqué.

«Il faut que les parents soient vigilants - triplement vigilants -, veillent sur leur enfant, sur leur utilisation des médias sociaux de leur ordinateur», a-t-elle suggéré.

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