Cinq autochtones morts dans un camp de chasse: il n'y avait pas de détecteur de fumée

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Les dommages étaient si grands qu'il a été impossible aux experts de la Sureté du Québec de déterminer l'origine de l'incendie.

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C'était il y a dix mois. Cinq autochtones de la nation cri périssaient asphyxiés dans l'incendie de leur camp de chasse du Nord-du-Québec. Près d'un an plus tard, l'enquête du coroner lève le voile sur les circonstances de leur mort: comme dans une forte proportion de bâtiments récréatifs, le chalet n'avait pas de détecteurs d'incendie ou de monoxyde de carbone.

Selon des statistiques de la Direction de la sécurité incendie du ministère de la Sécurité publique cité par le coroner Luc Malouin, 1063 incendies se sont déclarés dans des bâtiments d'usage récréatif ou de villégiature au Québec entre 2010 et 2014, faisant quatre morts et 18 blessés. Dans 60% des cas, il n'y avait pas d'avertisseur de fumée.

À ce bilan s'ajoute le sort de David Jimiken, Emmett Coonishish, Chiiwetin Coonishish, Kevin Loon et Charlie Gunner, les cinq membres de la communauté crie de Mistissini âgés entre 22 et 39 ans qui ont péri en mars.

Les chasseurs devaient rentrer dans leur communauté après un court séjour passé en foret, à quelque 300 kilomètres au nord de Chibougamau. Le 29 mars, ne les voyant pas revenir, leurs proches ont envoyé un pilote d'avion survoler le camp. C'est lui qui a découvert le chalet complètement rasé par les flammes.

Les corps calcinés ont été trouvés par la police à l'intérieur. Selon le coroner, les hommes ont été asphyxiés. Ils ont donc perdu la vie avant que le feu ne ravage les lieux.

Les dommages étaient si grands qu'il a été impossible aux experts de la Sureté du Québec de déterminer l'origine de l'incendie. Le camp était équipé d'un poêle à bois et une cuisinière au gaz. Il n'y avait ni détecteur d'incendie ni détecteur de monoxyde de carbone.

«Or, il est évident que si le camp avait eu ces détecteurs, les occupants auraient été réveillés et auraient pu quitter les lieux rapidement et ainsi, avoir la vie sauve», écrit le coroner Malouin.

«Les camps de chasse sont généralement en des lieux éloignés et le chauffage est souvent au bois ou au gaz, ce qui augmente le risque d'incendie de par la nature même des matériaux. Il est essentiel d'informer les propriétaires de ces lieux de l'importance d'installer un détecteur de fumée et de monoxyde de carbone», poursuit le coroner, qui recommande à la Direction de la sécurité incendie du ministère de la Sécurité publique d'ajouter des informations sur son site internet concernant l'importance d'équiper les camps de chasse et les chalets d'un détecteur de fumée et de monoxyde de carbone.

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