Un homme accusé du meurtre de Tina Fontaine

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Tina Fontaine

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Steve Lambert
La Presse Canadienne
WINNIPEG

Une accusation de meurtre a été portée contre un homme de 53 ans relativement au décès de l'adolescente manitobaine Tina Fontaine, dont le triste sort avait ravivé les demandes pour une enquête nationale sur les femmes et filles autochtones assassinées ou disparues.

Le corps de Tina Fontaine, âgée de 15 ans, avait été retrouvé, enroulé dans un sac, en août 2014 dans la rivière Rouge. L'adolescente s'était enfuie de son foyer d'accueil à Winnipeg.

Raymond Joseph Cormier a été accusé de meurtre non prémédité. Il avait été arrêté à Vancouver plus tôt cette semaine et il devait être transféré éventuellement à Winnipeg pour sa comparution.

La police indique que M. Cormier est originaire du Nouveau-Brunswick, mais qu'il vit à Winnipeg depuis quelques années. Selon le directeur adjoint de la police de Winnipeg, Danny Smyth, l'accusé traîne un lourd passé criminel, un peu partout au pays, notamment pour des crimes violents.

Le chef adjoint Smyth a précisé vendredi que Tina Fontaine était très vulnérable pendant sa fugue et qu'on a alors abusé d'elle. Les enquêteurs de la police ont appris que l'adolescente avait fréquenté une résidence de l'est de la ville que Raymond Cormier fréquentait aussi. La police croit d'ailleurs que la victime connaissait M. Cormier.

La jeune Tina avait surtout grandi chez sa grand-tante Thelma Favel dans la communauté de la Première Nation anishinaabe Sagkeeng, au nord-est de Winnipeg. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait une fugue, et Mme Favel avait demandé l'aide des services sociaux pour s'occuper de l'adolescente. Environ un mois avant sa mort, elle s'était rendue à Winnipeg pour visiter sa mère biologique.

Plus d'une semaine après le signalement de sa disparition, un véhicule dans lequel elle se trouvait a été interpellé par deux policiers mais l'adolescente n'a pas été détenue. L'enquête n'a pas permis de déterminer si les agents avaient reconnu la fugueuse au moment de cette opération ou s'ils savaient qu'elle était portée disparue. Mme Favel soutient que oui.

Elle a aussi rapporté que, d'après les travailleurs sociaux, quelques heures après que la police eut interpellé le véhicule, Tina avait été retrouvée inconsciente, complètement intoxiquée, dans une ruelle du centre-ville. Des ambulanciers l'ont transportée à l'hôpital, où elle aurait été gardée quelques heures, le temps d'être sobre à nouveau. Des travailleurs sociaux seraient ensuite venus la chercher mais elle s'est encore enfuie. Elle a été retrouvée morte un peu plus d'une semaine après.

Toute cette affaire avait ravivé les appels pour une commission d'enquête nationale sur le millier de femmes et filles autochtones assassinées ou disparues au Canada, une demande que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a toujours rejetée. Le nouveau gouvernement libéral à Ottawa a annoncé cette semaine qu'il accéderait à cette requête.

« Le meurtre de cette enfant - car c'était une enfant, ne l'oublions pas - a semé la consternation et l'indignation dans toute notre communauté. Et cette indignation, je crois, a eu des échos dans tout le pays », a indiqué le directeur adjoint Smyth.

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