Attaque homophobe présumée à Saint-Tite

Mathieu Grégoire a passé la nuit de vendredi... (PHOTO: ÉMILIE O'CONNOR, LE NOUVELLISTE)

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Mathieu Grégoire a passé la nuit de vendredi à samedi à l'hôpital.

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Une troisième agression s'est produite à Saint-Tite pendant le Festival western. Après un homme de 22 ans passé à tabac et un autre de 33 ans qui est toujours dans le coma, un jeune homme de 21 ans a été frappé au visage avec une bouteille de bière, vendredi dernier. La victime dénonce un acte homophobe.

Mathieu Grégoire a passé la nuit de vendredi à samedi à l'hôpital, à Shawinigan. Il a un oeil tuméfié, des contusions sur les lèvres, des lésions un peu partout au visage et l'intérieur des joues coupées. Le simple fait d'ouvrir la bouche lui inflige une douleur intense. Mais ce qui le fait le plus souffrir, ce sont les insultes homophobes qu'il a entendues.

Vendredi soir, dans les rues de Saint-Tite, Mathieu marchait avec sa soeur de 18 ans. Soudainement, deux jeunes hommes qui les suivaient ont sifflé sa soeur. «Je me suis retourné et je lui ai dit: "C'est quoi, ton problème?"», explique le jeune homme, joint au téléphone. «J'avais bu et j'ai dit à un des gars qu'il était vraiment chaud, dans le sens que je le trouvais beau, mais il pensait que je voulais dire qu'il était saoul», se rappelle-t-il. Les esprits se sont rapidement échauffés. «Ma soeur s'est interposée en disant que c'était une blague, que j'avais bu et que j'étais gai.»

Un des deux hommes a alors répliqué par un «Ark!» bien senti.

Mathieu et sa soeur ont finalement poursuivi leur chemin. Puis il a entendu un des gars lui crier: «Eille, le fif!» À peine a-t-il eu le temps de se retourner qu'il a reçu un coup de bouteille en plein visage. Selon sa soeur, il aurait reçu au moins cinq ou six coups de bouteille de bière vide.

Une troisième agression s'est produite à... (PHOTO FOURNIE PAR MATHIEU GRÉGOIRE) - image 2.0

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Il ne fait aucun doute dans sa tête que cette agression était homophobe. «Le gars a voulu me provoquer et il a choisi ses mots clairement avant de me frapper», souligne-t-il.

Quelques minutes après l'attaque, le beau-père de Mathieu est arrivé sur les lieux. «Je me souviens que je pleurais en le suppliant de me changer en hétéro, et mon beau-père s'est mis à pleurer.»

Mathieu a grandi dans une famille qui a toujours accepté son homosexualité, mais à l'école, il a parfois été intimidé. «Je me suis fait écoeurer au secondaire, et encore aujourd'hui, ça me fend le coeur de voir que des homosexuels se suicident ou se font battre, parfois je dois cacher qui je suis, et ça ne devrait pas exister en 2015», s'exclame-t-il, le débit rapide de ses paroles trahissant son émotivité.

Les parents de Mathieu ont contacté les policiers le soir même de l'agression. La famille, qui habite à Trois-Rivières, retournera à Saint-Tite lundi pour déposer une plainte formelle. L'assaillant n'a pas été identifié.

Il s'agit de la troisième agression à survenir pendant le Festival western de Saint-Tite. Un homme de 33 ans a subi une fracture du crâne lors d'une altercation et a dû être opéré. Un autre jeune homme de 22 ans a eu le nez fracturé après avoir été roué de coups. La Sûreté du Québec a ouvert une enquête.

La direction du Festival western de Saint-Tite a refusé de commenter l'événement dimanche. L'organisation affirme qu'elle émettra une communication officielle mardi, a indiqué Geneviève Frappier, coordonnatrice aux communications.

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