Un trafiquant tabasse un homme qui lui devait de l'argent

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Denis Beaudry

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Daniel Renaud
La Presse

Un trafiquant de stupéfiants obèse, qui avait obtenu l'an dernier que 1,5 journée soit comptée par jour passé en détention préventive en raison des conditions de détention mal adaptées à son état, s'est fait reprendre dix mois après sa libération, après avoir été impliqué dans une violente agression au printemps dernier.

Denis Beaudry, 43 ans, a eu son procès pour voies de fait avec lésions, hier, au palais de justice de Montréal. Les événements sont survenus le soir du 21 mai, devant une pizzeria du boulevard Langelier, dans l'arrondissement de Montréal-Nord.

Vers 19h15, la victime s'est commandé une pizza et est sortie du commerce lorsque M. Beaudry est arrivé en trombe par-derrière, l'a agrippée par le collet et lui a asséné au moins deux gauches au visage.

Un autre individu, que les policiers n'ont toujours pas identifié, a traversé la rue à pied et frappé à son tour la victime, qui aurait subi une fracture du nez. «Lorsque nous sommes arrivés, la victime était chancelante. Le côté de son visage était déformé et elle saignait», a témoigné l'agent Guillaume Marleau du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Incursion dans le monde des dettes de rue

La scène, qui a été immortalisée sur une vidéo captée par les caméras du commerce et déposée en cour, s'est déroulée sous les yeux de nombreux clients et employés dont certains étaient effrayés, d'autres curieux ou peu impressionnés.

L'accusé a livré un témoignage qui constitue une incursion dans le monde clandestin des dettes de rues. Beaudry a expliqué qu'il connaissait la victime depuis 20 ans et qu'elle lui devait 3400$ depuis quatre ans. Il a dit avoir tenté à diverses reprises de récupérer son argent, en vain, jusqu'à ce qu'il reçoive un appel.

«C'était un tannant du bas de la ville [Hochelaga-Maisonneuve]. Il m'a dit d'arrêter de harceler [la victime]. Il a ajouté qu'il savait que chaque semaine, j'allais conduire un membre de ma famille à tel endroit. Cela m'a fâché. Je ne veux pas que ma famille soit mêlée à mes histoires», a raconté Beaudry.

Ce dernier n'a pas voulu dire au juge qui l'a appelé et si son interlocuteur était lié aux Hells Angels, dont le nom a été évoqué en contre-interrogatoire. Il a éludé la question, se bornant à dire qu'il n'y a pas beaucoup d'organisations criminelles dans Hochelaga et «qu'à la grandeur et la grosseur qu'il a, ce n'est pas un petit qui l'a appelé».

L'accusé n'a pas voulu dire non plus comment s'appelait l'autre individu qui a frappé la victime. «Ça ne se fait pas», a-t-il justifié au juge.

Beaudry a aussi ajouté qu'il avait pété les plombs parce que trois quarts d'heure avant l'agression, il avait croisé la victime dans un dépanneur et elle lui avait donné un coup sur un pied opéré la veille.

«Ça n'a pas l'air comme ça, mais je ne suis pas un gars méchant. J'aime ça, aider le monde», a affirmé Beaudry.

Cela n'a pas convaincu le juge Yves Paradis de la Cour du Québec, qui l'a déclaré coupable. Son avocat, Me Stéphan Beaudin, demande une peine avec sursis et la procureure de la poursuite, Me Marilène Laviolette, suggère une peine de 15 à 18 mois. La sentence sera rendue la semaine prochaine

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