La coroner conclut à la mort «naturelle» d'Isidore Havis

Isidore Havis a dû être hospitalisé après avoir essuyé... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Isidore Havis a dû être hospitalisé après avoir essuyé des tirs de balles de plastique, mais on ne craignait pas pour sa vie à l'époque.

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C'est dans un «contexte de stress intense et prolongé» qu'est mort Isidore Havis le 17 août 2013, 18 jours après que des policiers furent parvenus à mettre fin à son siège d'une vingtaine d'heures en utilisant des balles de plastique et des gaz irritants.

Voilà la conclusion à laquelle est arrivée la coroner Krystyna Pecko, qui a dévoilé hier son rapport sur la mort fort médiatisée de l'homme de 71 ans.

Le 29 juillet, Isidore Havis avait déclenché une opération policière délicate quand il s'était barricadé dans sa résidence de Côte-Saint-Luc, sur l'île de Montréal. Il avait auparavant pointé une arme à feu sur des employés d'Hydro-Québec et atteint un policier d'une balle au pied.

L'assaut qui avait mené à la fin de son siège avait été vigoureux: l'homme en est sorti avec des fractures au bras gauche et au coude droit, une plaie avec fracture à la main gauche (probablement auto-infligée, selon la coroner), des contusions et des abrasions multiples au visage, à l'abdomen et aux membres.

Crise cardiaque

La vie d'Isidore Havis allait être épargnée, avait-on indiqué au moment de son transfert à l'hôpital. Or, voilà qu'une «cardiopathie ischémique sévère dans un contexte de stress intense et prolongé» allait finalement causer sa mort, lit-on dans le rapport de la coroner. La crise cardiaque qui a emporté le septuagénaire s'explique donc en partie par «le stress psychologique et physique vécu dans le contexte du siège de 20 heures à son domicile», poursuit le rapport.

«Les blessures encourues lors du siège et les interventions chirurgicales subséquentes ont été des éléments contributifs au contexte global de stress vécu par monsieur, souligne la coroner Pecko. Mais chez une personne en meilleure santé, ces facteurs, de gravité modérée seulement, n'auraient pas entraîné la mort», ajoute-t-elle.

À l'annonce du décès d'Isidore Havis, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait indiqué que le ministère de la Sécurité publique allait attendre les résultats de l'autopsie pour décider s'il y aurait lieu de demander une enquête indépendante sur les circonstances de l'intervention. Maintenant que la mort est classée comme «naturelle», le SPVM confirme qu'il n'y a pas eu d'enquête indépendante dans le dossier. «Au Ministère, il n'a pas été jugé nécessaire de transférer l'enquête à un autre corps de police», a déclaré hier une porte-parole.

Une inspection de la maison d'Isidore Havis, au terme du siège, avait permis aux autorités de découvrir une quarantaine de baïonnettes et 180 armes, dont certaines avaient été acquises légalement. Plusieurs accusations avaient été déposées contre le septuagénaire, qui avait comparu de son lit d'hôpital.

- Avec David Santerre

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