Un enfant de 7 ans abandonné par un chauffeur d'autobus scolaire

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La Presse Canadienne
Boucherville

Difficile retour à l'école pour le petit Justin, de Boucherville, qui a été littéralement abandonné à plus d'un kilomètre de sa maison par le chauffeur de son autobus scolaire.

Le lundi 9 septembre, au retour de l'école, l'autobus dans lequel se trouvait le garçon de 7 ans s'est immobilisé sur la rue du Boisé, à plus d'un kilomètre de chez lui. L'enfant, qui est en deuxième année du primaire, avait pourtant dit au chauffeur qu'il n'était pas chez lui, mais pour toute réponse, on lui a dit qu'il s'agissait du dernier arrêt prévu et qu'il était «assez grand» pour retrouver sa maison.

L'enfant fréquente l'école Père-Marquette de la Commission scolaire des Patriotes, sur la rive sud de Montréal. Ce jour-là, au lieu de retrouver ses parents après sa journée de classe, il a dû marcher seul et s'est égaré.

Justin a marché dans la mauvaise direction pendant plusieurs minutes, tant et si bien qu'il s'est retrouvé dans un secteur boisé, éloigné du secteur résidentiel où l'avait laissé le conducteur de l'autobus.

Sensiblement au même moment, France Mousseau, la cousine de son père, venait de terminer ses courses au magasin Costco de Boucherville, situé tout près de l'autoroute 30. En quittant le commerce, elle a aperçu l'enfant.

Voyant qu'il marchait seul, loin de chez lui, elle a immobilisé son véhicule pour lui demander ce qu'il faisait à cet endroit.

Le garçon pleurait et tremblait, visiblement perdu. Elle l'a donc fait monter dans sa voiture et est allée le reconduire chez lui.

Le père du petit Justin, Alain Doucet, est persuadé que son fils a réussi à éviter le pire et s'estime chanceux qu'il ait croisé une personne qui le connaissait. Même si la situation s'est finalement bien terminée, il n'a pas l'intention d'en rester là.

«Mon garçon est correct, mais aujourd'hui, on aurait pu parler d'une tout autre histoire et on ne voudrait pas que ça arrive à un autre enfant. Il aurait pu se perdre, se faire frapper... On ne sait pas», a dit M. Doucet, encore secoué.

Les parents du petit Justin ont décidé de mettre un terme au transport scolaire. Il ne prendra plus l'autobus à la sortie de l'école.

«Plus jamais», affirme M. Doucet.

Dans les heures et les jours qui ont suivi cette mésaventure dont ils se seraient bien passés, les parents ont communiqué avec la commission scolaire. Après de nombreux appels, Alain Doucet affirme que des mesures ont été prises contre le chauffeur.

«Le chauffeur a été suspendu, mais la commission scolaire a refusé de nous dire pour combien de temps», a précisé M. Doucet, qui reste amer à la suite de cette histoire.

«À mon sens, c'est un manque de jugement», estime-t-il.

Le conducteur d'autobus a bel et bien été suspendu. Il reprendra toutefois le travail ce vendredi, mais sur un autre trajet. Le chauffeur est dans la soixantaine et travaille auprès de l'entreprise Autobus Boucherville depuis trois ans.

Jean-Guy Provost, le propriétaire du transporteur, sous contrat avec la Commission scolaire des Patriotes, reconnaît que la situation est inadmissible. Il assure que son chauffeur a été passablement secoué, d'autant qu'il est le grand-papa d'un enfant du même âge que le petit Justin.

M. Provost a précisé que deux arrêts étaient prévus sur cette rue et le chauffeur a laissé l'enfant au mauvais coin de rue et n'a pas consulté sa liste d'élèves.

«C'est inadmissible parce que le chauffeur a tous les outils pour ne pas débarquer un enfant au mauvais endroit. Il est par contre très conscient de ça et je dois dire qu'il est assez ébranlé par cette situation et que les autres chauffeurs ont aussi été plus que sensibilisés à cette situation», a-t-il indiqué en toute transparence lors d'une entrevue avec La Presse canadienne.

De son côté, la Commission scolaire des Patriotes a qualifié cette affaire «d'inacceptable».

«C'est une situation qui n'aurait jamais dû arriver à Justin et qu'on ne s'explique pas. Les chauffeurs doivent apporter une attention particulière, surtout pour les élèves les plus jeunes», a insisté Patrick Mendes, un directeur général adjoint de la Commission scolaire des Patriotes.

Un autre cas similaire

Toute cette histoire a rappelé de mauvais souvenirs à Anika Grenier, une résidante de Lachine, dont la fille de 5 ans fréquente l'école Orchard, à la commission scolaire Lester-B Pearson.

Au premier jour de la rentrée, le 30 août, Mme Grenier et une voisine attendaient à l'arrêt. L'autobus est arrivé, mais sa fille Mélina n'était plus à bord.

Mme Grenier a précisé qu'une enfant a alors confirmé que sa fille avait été laissée plus de sept rues derrière, sur la rue Saint-Jacques, une artère assez fréquentée.

La mère a dû contacter les policiers puisqu'elle n'avait aucune trace de son enfant. Quand la petite est finalement revenue à la maison, elle lui a demandé comment elle avait pu parcourir toutes ces rues.

«Elle m'a dit "je sais que je n'ai pas le droit de traverser toute seule alors j'ai attendu des adultes et je les ai suivis" et pour le reste, elle a tenté de regarder des repères», raconte Mme Grenier.

Ni la Commission scolaire Lester-B Pearson, ni la direction de l'école Orchard n'ont encore eu le temps de rendre les nombreux appels de Mme Grenier, et ce, plus de deux semaines après l'incident qui s'est produit le 30 août.

La mère de la petite Mélina a pu parler au chauffeur de l'autobus, qui en présence de plusieurs témoins, lui a répondu : «C'est la première journée d'école, moi, je ne connais pas les enfants, je ne connais pas les parents».

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