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Accusé d'avoir dépecé le corps de son colocataire

L'accusé et la victime partageaient un appartement de... (Photo Patrick Sanfaon, La Presse)

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L'accusé et la victime partageaient un appartement de la rue Bernard Est, près du boulevard St-Laurent, à Montréal. C'est dans ce logement que le crime aurait été commis.

Photo Patrick Sanfaon, La Presse

« Ray, as-tu tué Cédric ? » Caroline Garon est allée droit au but en voyant Raymond Henry Muller apparaître avec une blessure au front quelques jours après l'inexplicable disparition d'un musicien de leur groupe en juillet dernier. Ses soupçons n'étaient pas exagérés, puisque Raymond Henry Muller a été accusé lundi de meurtre prémédité et d'outrage à un cadavre.

Raymond Henry Muller... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

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Raymond Henry Muller

Photo tirée de Facebook

L'homme de 51 ans aurait tué son colocataire Cédric Gagnon, puis aurait dépecé son corps dans leur logement du quartier Mile End vers le 4 juillet. Il aurait ensuite mis ses outils et les membres de la victime dans des boîtes et des sacs, et les aurait déposés sur le trottoir pour la collecte des ordures, ont confié des sources à La Presse.

Sans le savoir, les éboueurs auraient ainsi ramassé puis jeté les restes de la victime et les outils dans un centre de traitement des déchets. Mais puisque le crime aurait été commis il y a deux mois, le corps et les outils reposeraient maintenant sous une épaisseur de plusieurs mètres d'ordures, ce qui expliquerait pourquoi les policiers ne les ont pas retrouvés.

« Cédric ne méritait pas ça, il ne méritait vraiment pas ça... », souffle Caroline Garon, encore bouleversée par la mort de Cédric Gagnon. « Il était très, très généreux, aimant, charmant. Cédric n'était pas une personne facile, mais on l'aimait... », confie-t-elle au bout du fil.

La victime et l'accusé étaient tous les deux guitaristes au sein du collectif de musique Pirates!. Caroline Garon jouait avec eux depuis un an et demi. Le groupe donnait des spectacles ici et là et répétait régulièrement sous le viaduc Van Horne, à quelques pas du lieu du meurtre.

« C'est désastreux. C'est un désastre... Ça va changer nos vies pour toujours. C'est quelqu'un du groupe qui a tué quelqu'un du groupe... »

- Caroline Garon

DISPARU SANS PRÉVENIR

Cédric Gagnon, 39 ans, est disparu sans prévenir au début du mois de juillet. Certains amis croyaient qu'il avait simplement rejoint sa fille à Terre-Neuve ou qu'il avait pris le large dans l'Ouest. Mais Caroline Garon n'en croyait rien. « Cédric a besoin d'énormément d'attention. Ça n'avait aucun sens qu'il n'ait communiqué avec personne », explique-t-elle. La famille de la victime a rapporté sa disparition le 24 août dernier.

Ni la victime ni l'accusé n'étaient présents le 6 juillet lors d'une prestation du groupe en Ontario. Puis le lendemain, Raymond Henry Muller est débarqué, blessé au front. « J'ai eu un feeling. Je lui ai dit carrément : "As-tu tué Cédric ? " Il a dit : "Non." », raconte Caroline Garon.

Selon elle, Raymond était jaloux du succès de Cédric, un musicien « très talentueux » qui était également populaire auprès des femmes. « Cédric ne voulait plus que Ray joue avec le groupe. Il voulait que Ray parte », explique-t-elle.

Les deux hommes au style de vie « nomade » partageaient un appartement de la rue Bernard Est, près du boulevard Saint-Laurent. Durant de longues heures en fin de semaine dernière, les techniciens en scène de crime de la police de Montréal y ont effectué des prélèvements.

Caroline Garon décrit Raymond Henry Muller comme un homme « très ténébreux » et « très, très bizarre ». Certains musiciens le trouvaient même « dangereux », ajoute-t-elle. Il était toutefois assez « calme et posé » en sa présence. « Il me parlait beaucoup de sa peine et de la perte de sa famille », confie-t-elle.

TENTATIVE DE SUICIDE

Il y a quelques jours, Raymond Henry Muller a fait une tentative de suicide à Montréal en se taillant les veines. Caroline Garon fait partie de ceux qui l'ont découvert dans cet état de détresse. Un colocataire a communiqué avec le 911. Dépêchés sur les lieux, les paramédicaux d'Urgences Santé sont parvenus à le stabiliser et à le transporter à l'hôpital, où on lui a sauvé la vie.

Mais sur les lieux de sa tentative de suicide, Muller a laissé une lettre dans laquelle il avoue et raconte son crime, selon nos sources. Les enquêteurs ont immédiatement fait le lien avec la disparition de Cédric Gagnon rapportée récemment. Par la suite, une fois rétabli, le suspect aurait tout raconté aux policiers. C'est ainsi que les enquêteurs ont appris l'existence du 19e meurtre de l'année et ont pu accuser Muller de l'assassinat de Cédric Gagnon. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a refusé de nous accorder une entrevue.

Raymond Henry Muller s'est retrouvé dans l'actualité abitibienne en 2016 pour avoir été poursuivi par des policiers sur la route 117 au volant d'un autobus. Il avait évité des tapis cloutés et ne s'était arrêté qu'à une barricade de la Sûreté du Québec, rapportaient les médias locaux à l'époque. Il aurait refusé de s'arrêter afin de conduire un de ses quatre enfants à l'hôpital Sainte-Justine. Il a obtenu une absolution inconditionnelle après avoir plaidé coupable à des chefs de conduite dangereuse et de refus d'obtempérer.

Raymond Henry Muller revient en cour mercredi prochain au palais de justice de Montréal.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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