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La police veut chasser les motards des bars de la couronne nord

« On constate la croissance des motards et des... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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« On constate la croissance des motards et des trafiquants de drogue [dans les bars] », indique Benoît Dubé, inspecteur responsable de la lutte contre le crime organisé à la Sûreté du Québec.

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Daniel Renaud
La Presse

Avec la prolifération des clubs-écoles et la libération de dizaines de membres des Hells Angels arrêtés dans la foulée de l'opération SharQc, des bars de la couronne nord de Montréal sont devenus des carrefours pour les motards et les trafiquants de stupéfiants, chassés par les escouades spécialisées Éclipse, Équinoxe et BIM qui surveillent respectivement les établissements de Montréal, Laval et Longueuil.

Pour enlever de la pression sur les propriétaires de bar, qui craignent de refuser ces clients indésirables sous peine de représailles, et pour en exercer davantage sur le crime organisé, la Sûreté du Québec (SQ) a lancé hier, en étroite collaboration avec la police de Laval, un projet pilote baptisé Synergie.

Au cours du prochain mois, des équipes de policiers, pouvant atteindre jusqu'à 20 personnes selon les besoins, visiteront les bars pour en chasser les motards et les trafiquants.

«Imagine que tu es un tenancier de bar et que 12 Hells Angels débarquent dans ton établissement. Est-ce que tu es toujours décideur dans ton bar ? Non. Et si tu appelles les policiers, est-ce qu'ils sont formés pour faire affaire avec ces gars-là ? Pas toujours. C'est la raison d'être de Synergie.»

Benoît Dubé
inspecteur responsable de la lutte contre le crime organisé à la Sûreté du Québec

« On constate la croissance des motards et des trafiquants de drogue de rue. Ce sont eux qui deviennent propriétaires des bars en vendant leur drogue et en faisant de l'argent qui va dans les poches du crime organisé. Et la bonne clientèle ne vient plus au bar, car elle est intimidée », poursuit l'inspecteur.

« L'objectif, c'est d'aider les tenanciers de bar à bien tenir leur établissement. On ne veut pas mettre de la pression sur eux, on veut en faire nos alliés. Les tenanciers et les portiers vont travailler avec nous », ajoute M. Dubé.

Une cinquantaine de bars déjà fichés

Synergie compte trois équipes de policiers, une à Lachenaie, gérée par la SQ, et deux à Laval, gérées par la police de Laval. Ces équipes sont formées notamment de policiers du renseignement, d'enquêteurs du crime organisé et de patrouilleurs.

Le territoire couvert par les policiers de Synergie s'étend de Deux-Montagnes à Berthier, jusqu'à Saint-Sauveur, dans des villes où il n'y a pas d'escouades semblables à Éclipse ou Équinoxe, et où les tenanciers sont laissés à eux-mêmes. Mais les policiers pourraient même aller encore plus au nord, au besoin. Déjà, une cinquantaine d'établissements ont été identifiés comme étant problématiques par les services de renseignement criminel.

« On ne peut pas seulement visiter un bar une fois par année, en vertu de la Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques [LIMBA] et donner des contraventions aux tenanciers. Synergie ne sert pas à ça. Par contre, on continuera d'agir en vertu de la LIMBA dans les établissements qui sont la propriété du crime organisé », affirme Benoît Dubé.

D'autres régions ciblées

Outre la SQ et la police de Laval, la Gendarmerie royale du Canada, les corps de police de Blainville, L'Assomption, Repentigny, Saint-Eustache et Terrebonne et la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes participent au projet Synergie. Le projet pilote pourrait devenir permanent selon les résultats obtenus durant le mois prochain.

Des opérations ciblées Synergie seront également menées dans d'autres régions du Québec où les motards sont très présents, notamment au Saguenay, à Québec et en Estrie, au cours de la fin de semaine prochaine. Des projets permanents pourraient également être créés dans ces régions dans un avenir rapproché.

Toute information sur des établissements fréquentés par le crime organisé ou des trafiquants de stupéfiants peut être rapportée à la Centrale de l'information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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