Ménage du printemps dans l'industrie du remorquage

Selon la police, la compagnie Accès Remorquage s'appelait... (Photo Edouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Selon la police, la compagnie Accès Remorquage s'appelait autrefois A9. En avril 2016, La Presse avait fait état de certaines pratiques douteuses impliquant cette compagnie.

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Daniel Renaud
La Presse

Le SPVM poursuit son ménage du printemps dans les entreprises de remorquage qui oeuvrent à Montréal et qui auraient des façons de faire douteuses. Un an presque jour pour jour après s'être attaqués à l'entreprise remorquage Taxi Montréal (RTM) dans la phase un d'une enquête baptisée Remorque, les policiers ont déclenché la phase deux ce matin et ciblé la compagnie Accès Remorquage.

Cette compagnie, dont les locaux sont situés sur la rue Daniel à Laval, a des contrats de remorquage dans des stationnements privés de centres commerciaux ou d'entreprises à Montréal. L'automne dernier, les enquêteurs de la section Crimes de violence de la Division Nord du SPVM ont commencé à avoir des plaintes d'automobilistes. Rapidement, le nombre a atteint les 75.«Entre autres, les remorqueurs demandaient aux automobilistes de les payer sur-le-champ, sans quoi ils ne récupèreraient pas leur véhicule, ou ils menaçaient de déplacer les véhicules à un autre endroit pour faire grimper la facture. Dans d'autres cas, ils exigeaient d'être payés comptant immédiatement et la facture dépassait largement les 100 $ en moyenne normalement exigés pour un remorquage. On a vu jusqu'à 240 $», explique l'inspecteur André Durocher de la Division Nord du SPVM.

L'officier ajoute que certains actes reprochés auraient été commis dans des secteurs où se trouvent des établissements de santé, et que des personnes vulnérables ont pu être victimes de ces méthodes illégales.

Mardi matin, une centaine de policiers ont effectué trois perquisitions dans les locaux de la compagnie, à Laval, à Saint-Jérôme, et à Montréal.

Au moment d'écrire ces lignes, une douzaine de personnes avaient été arrêtées et une autre était recherchée. Six suspects, Gaétan Breton, 60 ans, Nathalie Gatien, 42 ans, Alexandre Breton, 22 ans, Éric Cuffaro, 50 ans, Eric Keiller, 51 ans et Mathieu Spénard, 31 ans comparaîtront demain au Palais de justice de Montréal pour être accusés de vol, fraude, extorsion, complot et agression armée. Pour cette dernière accusation, il semblerait qu'un marteau ait été utilisé lors d'un remorquage qui a mal tourné.

Sept remorqueuses appartenant à la compagnie ont été saisies par les enquêteurs des Produits de la criminalité de la Division du crime organisé du SPVM, venus supporter leurs collègues de la Division Nord.

Selon la police, la compagnie Accès Remorquage s'appelait autrefois A9. En avril 2016, La Presse avait fait état de certaines pratiques douteuses impliquant cette compagnie.

«Je suis content. J'avais appelé à l'Office de la protection du consommateur, mais je ne savais pas que le phénomène était aussi important», nous a confié, sous le couvert de l'anonymat, un automobiliste qui dit s'être fait remorquer deux fois par un remorqueur d'Accès alors qu'il était pourtant dans son droit, l'automne dernier.

«J'ai presque été arnaqué par cette compagnie l'hiver dernier à Sainte-Thérèse. Le remorqueur me demandait 200 $ et après avoir appelé la police de Sainte-Thérèse, il s'est sauvé en laissant mon véhicule quelque part», nous a écrit un autre.

«En février 2016, je crois, je suis entré deux minutes dans une succursale de la SAQ pour en ressortir et voir un camion de remorquage avec mon auto, comme s'ils nous attendaient toute la soirée que pour ça», nous a enfin écrit un troisième, résumant une anecdote à l'époque où la compagnie s'appelait A9.

Il y a un an, dans la phase 1 du projet Remorque mené principalement cette fois-ci par les enquêteurs des Produits de la criminalité, les policiers avaient arrêté le propriétaire de la compagnie RTM, Alain Thériault, et 17 de ses employés, dont un ancien membre des Rock Machine devenu une relation des Hells Angels, Alain Brunette.

Rappelons qu'en avril dernier, le Bureau de l'inspecteur de Montréal a publié un rapport concluant que le crime organisé contrôle une bonne partie du remorquage des véhicules impliqués dans des collisions sur la quasi-totalité du territoire de Montréal.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca ou à l'adresse postale de La Presse




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