Prostitution juvénile: un crime «excessivement sérieux»

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Une fois dans la chambre d'hôtel, ce n'est pas une adolescente de 16 ans qui attend le client, mais deux policiers prêts à lui passer les menottes.

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«Il faut protéger les enfants. Ce sont des enfants.» Au moment de rendre son jugement sur la peine, le juge qui a envoyé Aldrin Cabanilla en prison pour six mois a insisté sur la gravité de son crime.

Cabanilla est l'un des 10 hommes arrêtés il y a un an dans la première phase du projet Défensif - trois autres ont été arrêtés en juin, soit 13 au total. Parmi les accusés, il y a un enseignant au secondaire qui travaillait jusqu'en juin dernier dans une école montréalaise.

Cette opération policière ciblant des clients de prostituées mineures à Laval a fait grand bruit. La police l'a même qualifiée de «première du genre au Québec en matière de lutte à l'exploitation sexuelle».

C'était dans la foulée de la crise des adolescentes en fugue du centre jeunesse happées par l'univers de la prostitution juvénile.

Des 13 accusés, Cabanilla est le seul à avoir reconnu sa culpabilité depuis, selon des recherches réalisées par La Presse. Les autres ont plaidé non coupable.

En octobre dernier, le Montréalais de 38 ans a écopé de la peine minimale imposée pour ce crime.

Les suspects se sont fait piéger par un agent d'infiltration, selon un résumé de la preuve qui a été fait au moment où Cabanilla a plaidé coupable.

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Aldrin Cabanilla

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Ce Montréalais - employé d'un magasin à grande surface - a répondu à une annonce placée sur un site internet, où des filles offraient leurs services sexuels. Il a ensuite échangé des messages textes avec un intermédiaire - l'agent d'infiltration - qui devait le mettre en contact avec des prostituées. L'accusé insistait pour avoir «une mineure».

«L'agent répond à plus de trois reprises que les filles ont 16 ans. M. Cabanilla se rendra sur place, dans un hôtel. On confirmera à nouveau à Monsieur que les filles n'ont que 16 ans» , a expliqué la procureure de la Couronne Karine Dalphond lors de l'audience.

«Monsieur aura l'argent et confirmera que c'est son désir d'obtenir les services sexuels de ces filles-là d'âge mineur.»

Une fois dans la chambre d'hôtel, ce n'est pas une adolescente de 16 ans qui attend le client, mais deux policiers prêts à lui passer les menottes.

«J'espère que ça vous fera réfléchir»

Après s'être assuré que l'accusé reconnaissait les faits, le juge Jean Roy l'a sermonné.

«Le législateur, celui qui fait les lois au Canada, a décidé que c'était un crime excessivement sérieux. Pourquoi? C'est simple. Il faut protéger nos enfants. Ce sont des enfants, a insisté le magistrat. Je n'ai aucune hésitation, monsieur, à vous donner cette peine minimale. J'espère que ça vous fera réfléchir pour l'avenir.»

C'est à la suggestion de la poursuite que l'accusé écope de la peine minimale. De son côté, la défense a assuré au juge que l'accusé allait pouvoir conserver son emploi - duquel il avait «pris congé» - le temps de purger ses six mois de détention.




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