Le «parrain du pot» assure ne représenter aucun danger

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Le fugitif américain John Robert Boone, arrêté à Montréal le 22 décembre, a comparu hier devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.

L'ex-leader de la « mafia du pain de maïs », récemment arrêté à Montréal après avoir fui la justice américaine pendant huit ans, affirme ne représenter aucun danger pour la population canadienne. Il dit avoir profité de son séjour au pays pour « aider les gens ».

« Je ne suis un danger pour personne. Je fais beaucoup de choses pour aider les gens », a déclaré John Robert Boone dans un anglais marqué par un fort accent du Kentucky, lors de son audience devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, hier.

L'homme de 73 ans a comparu par vidéoconférence de la prison de Rivière-des-Prairies, où il est détenu depuis son arrestation par la police de Montréal, le 22 décembre.

L'arrestation de celui que les médias américains ont parfois surnommé le « parrain du pot » est le fruit d'une enquête de huit ans des U.S. Marshals, la police fédérale américaine responsable de la traque des fugitifs. Ceux-ci ont obtenu de l'information sur la présence de M. Boone dans la région de Montréal, au cours des derniers mois.

Les services frontaliers canadiens ont été avisés en septembre et ont commencé leurs propres recherches. Leur cible a finalement été repérée dans l'aire commune du centre commercial du complexe Alexis-Nihon et interpellée.

ALIAS « DENIS ROSS »

M. Boone a tenté de faire croire aux policiers qu'il s'appelait Denis Ross lors de son arrestation. Il détenait même une pièce d'identité à ce nom. Il n'a pas voulu dire qui la lui avait fournie.

Les autorités canadiennes estiment qu'il est entré illégalement au pays, car aucune trace de son entrée n'a été relevée par un poste frontalier. Elles estiment qu'il était inadmissible au Canada en raison de ses antécédents criminels de trafiquant de marijuana et de son statut de fugitif de la justice américaine.

Au cours des années 80, Boone avait été identifié comme un leader de la « Cornbread Mafia » (mafia du pain de maïs), regroupement de 70 producteurs de cannabis qui gérait d'immenses plantations extérieures dans les régions rurales du centre des États-Unis. Condamné à deux reprises puis libéré au terme de ses peines, il avait disparu en 2008 après une nouvelle opération policière qui avait permis de saisir 1000 plants de cannabis sur sa ferme du Kentucky.

Pendant huit ans, l'avis de recherche des U.S. Marshals précisait qu'il devait être considéré comme « armé et dangereux ». Hier, le représentant du ministère de la Sécurité publique du Canada, Anthony Lashley, a plaidé que M. Boone devait rester détenu en attendant que la Commission ne statue sur son éventuelle expulsion vers les États-Unis.

DANGER POTENTIEL ?

« Nous croyons que M. Boone représente un risque élevé de fuite, tout d'abord », a expliqué M. Lashley, ajoutant que la nature des accusations portées contre le natif du Kentucky permet de craindre un « danger potentiel pour le public » s'il est remis en liberté.

Le principal intéressé a tenté de plaider le contraire, sans succès. 

« Je ne fais rien pour faire du mal à qui que ce soit. J'essaie seulement de faire de bonnes choses. »

- John Robert Boone

L'avocate de M. Boone, Me Perla Abou-Jaoudé, a souligné que malgré l'existence d'un mandat d'arrestation contre son client, celui-ci était considéré comme « innocent jusqu'à preuve du contraire ». Elle lui a recommandé d'attendre avant de répondre à davantage de questions sur son parcours.

Lors d'une brève entrevue menée en prison par l'Agence des services frontaliers, M. Boone est resté « évasif » sur la date de son entrée au Canada et l'endroit où il a résidé depuis. Il a dit avoir « essayé d'aider les gens au Canada et de faire de bonnes oeuvres », en plus d'avoir travaillé dans la construction et les travaux agricoles, selon le résumé déposé en preuve lors de son audience.

La commissaire à l'immigration Diane Tordorf a décidé de garder M. Boone en détention jusqu'à sa prochaine audience, le 13 janvier.

Très poli et courtois, ce dernier a pris la nouvelle sereinement. « Passez une bonne journée. Merci. Au revoir », a-t-il laissé tomber.




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