Libération refusée pour un homme qui a massacré sa famille il y a 20 ans

Le 20 janvier 1996, Mahmoud El-Tomi a tué sa... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Le 20 janvier 1996, Mahmoud El-Tomi a tué sa femme et trois de ses filles dans leur résidence de Longueuil.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Renaud
La Presse

Mahmoud El-Tomi a encore une fois échoué dans sa tentative d'obtenir sa semi-liberté. Le 20 janvier 1996, l'homme, qui a aujourd'hui 72 ans, a tué sa femme Aïda, 47 ans, et trois de ses filles - Houidad, 14 ans, Hend, 6 ans, et Leila, 2 ans - à coups de couteau et de marteau à Longueuil.

Une autre de ses filles, Nora (nom fictif), âgée de 9 ans, a été grièvement blessée à la tête mais a miraculeusement survécu. Elle est restée trois mois dans le coma, a été hospitalisée durant 10 mois et a conservé une légère paralysie comme séquelle de l'attaque. Quant à l'aînée de ses filles, âgée de 18 ans, elle avait échappé au carnage car elle n'était pas à la maison au moment du drame.

Cette sordide affaire, qui avait fait grand bruit à l'époque, avait commencé par une dispute entre El-Tomi et sa femme dans la camionnette familiale, alors que le couple effectuait des courses. Après avoir tué sa conjointe, le père de famille s'était rendu dans sa résidence pour s'en prendre à ses enfants. El-Tomi a tenté de se suicider après son crime, en vain. Il a été reconnu coupable de quatre meurtres et de deux tentatives de meurtre et a été condamné à la prison à perpétuité.

En isolement

Dans leur décision de cinq pages rendue la semaine dernière, les commissaires des libérations conditionnelles ont tenu compte de sa faible capacité d'introspection, de sa faible motivation, de son refus de s'inscrire à des programmes de thérapie derrière les barreaux, des risques élevés de récidive violente dans un contexte domestique et de son comportement en détention.

Depuis son incarcération, El-Tomi a en effet fait l'objet d'une trentaine de rapports disciplinaires mineurs et graves. Il a reçu des amendes, des avertissements et a été mis en isolement à au moins 11 reprises. Il a été transféré dans un pénitencier à sécurité maximale après avoir tenté d'agresser une infirmière. En février dernier, il a été attaqué par un détenu, car il n'était pas le bienvenu dans le secteur. Deux mois plus tard, il a été transféré dans un pénitencier d'une autre province pour sa sécurité.

«Vous avez une certaine tendance à accumuler les frustrations alors que vous vous sentez constamment incompris par autrui et demeurez méfiant envers les autres. Selon les Services correctionnels, vous semblez être doté de faibles aptitudes interpersonnelles, ce qui entraîne des conflits avec les autres détenus. Il est indiqué que vous ne savez toujours pas ce qui est attendu de vous malgré le nombre d'années d'incarcération.»

«La Commission est d'avis que vous ne prenez pas l'entière responsabilité de vos délits puisque vous projetez en partie le blâme sur l'une de vos victimes. Vous avez une compréhension limitée de votre criminalité.» - Extrait de la décision des commissaires

Durant l'audience, El-Tomi a expliqué son geste par ses difficultés dans sa relation matrimoniale et au foyer, et par ses problèmes à trouver un emploi et à subvenir aux besoins de sa famille. Il a dit se sentir insulté par sa conjointe et que, dans sa culture, l'épouse doit obéir à son époux et que ce dernier doit veiller aux besoins de sa famille.

Il a également affirmé avoir changé, être maintenant contre l'usage de la violence et avoir appris à respecter des modes de vie différents du sien. Il a enfin fait valoir qu'en raison de son âge avancé et de son état de santé, il ne représentait plus un danger pour la société. Mais les commissaires ont considéré que ce n'était pas suffisant.

Si l'on comprend bien la décision des commissaires, l'une de ses deux filles survivantes s'est rendue à l'audience de son père et celui-ci ne l'aurait pas reconnue, puisqu'il ne l'aurait pas revue depuis le soir du drame, il y a presque 21 ans.

***

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à l'adresse courriel drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer