Mafia montréalaise: bras de fer pour le «livre» des paris sportifs

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Le café Empire a été la cible d'un autre cocktail Molotov en novembre dernier, la veille de l'opération Magot.

Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

Une lutte entre clans adverses pour le contrôle de ce qui reste du « livre » des paris sportifs pourrait être au coeur d'un regain des tensions au sein de la mafia montréalaise, a appris La Presse de plusieurs sources, notamment policières.

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Desiderio Pompa, considéré par la police comme un collecteur de dettes des paris sportifs, obtiendra d'ailleurs sa libération d'office dans les prochains jours.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

Lundi, un cocktail Molotov a été lancé contre la façade du café Bellerose, situé dans la rue du même nom à Laval. Cet endroit est connu par la police pour être, entre autres, fréquenté par des individus impliqués dans les paris sportifs de la mafia et, en principe, toujours fidèles au clan Rizzuto.

Trois jours auparavant, un attentat similaire est survenu au café Empire, situé dans la rue Jean-Talon, près de l'avenue Papineau, à Montréal. Aux dernières nouvelles, la police considérait l'établissement comme l'un des derniers quartiers généraux du clan des Siciliens, notamment en matière de paris sportifs

26,8
millions
Approximation des profits générés annuellement par la mafia grâce aux paris sportifs au début des années 2000

En plus de ces deux attentats, des informateurs nous ont dit que des responsables des paris sportifs de la mafia feraient actuellement l'objet de menaces, car certains convoiteraient leurs activités tout en leur reprochant une loyauté parfois élastique au fil des années, et voudraient repartir les activités à neuf.

DES MILLIONS DE DOLLARS

Les paris sportifs constituent l'une des activités les plus lucratives de la mafia montréalaise, sans compter qu'il s'agit d'une facette de la criminalité organisée qui est généralement peu travaillée par la police et pour laquelle les peines sont souvent minimales.

Aux beaux jours de la domination sicilienne, au début des années 2000, les enquêteurs de Colisée avaient évalué de façon conservatrice que les paris sportifs de la mafia, qui étaient alors dirigés par Lorenzo Giordano et Francesco Del Balso, avaient généré des profits de 26,8 millions sur une période d'un peu moins d'un an.

Selon nos informations, le « livre », dans lequel sont inscrites toutes les activités et la comptabilité des paris sportifs, aurait perdu beaucoup de valeur en raison des conflits qui gangrènent la mafia depuis des années, et encore plus depuis la mort naturelle du parrain Vito Rizzuto, en décembre 2013.

Il ne vaudrait plus que quelques millions, mais les dernières années ont démontré aux policiers que le « livre » est l'une des clés du pouvoir au sein de la mafia.

Depuis la fin des années 2000, des individus qui contrôlaient ou qui auraient voulu diriger les activités des paris sportifs ont été tués - dont Giuseppe Renda en 2012 et Lorenzo Giordano en mars dernier -, ont confié des sources policières.

Selon nos informations, les restes du « livre » des paris sportifs seraient toujours la propriété de Stefano Sollecito, arrêté dans l'opération Magot-Mastiff - qui a décapité le crime organisé montréalais le 19 novembre - et libéré en attendant la suite des procédures. L'automne dernier, Sollecito et le fils cadet de Vito Rizzuto, Leonardo, étaient toujours considérés comme les chefs de la mafia.

Un de leurs fidèles soldats, Desiderio Pompa, considéré par la police comme un collecteur de dettes des paris sportifs, obtiendra d'ailleurs sa libération d'office dans les prochains jours.

Pompa, 39 ans, un individu vu fréquemment au café Bellerose dans le passé, a été condamné à trois ans de pénitencier pour possession d'arme. Il devra respecter des conditions sévères, notamment ne pas jouer ou parier, ne pas fréquenter les maisons de jeu et cafés de style européen, éviter toute personne ayant un casier judiciaire ou étant liée à une organisation criminelle, divulguer toutes ses transactions financières et respecter un couvre-feu.

Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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