Un sympathisant de l'EI qui planifiait un attentat à Toronto tué

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Aaron Daniel Driver habitait chez sa soeur à Strathroy-Caradoc, en banlieue de London, en Ontario. C'est dans cette ville que s'est déroulée toute la soirée une opération policière majeure.

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Un sympathisant du groupe État islamique (EI) qui avait été relâché sous de sévères conditions l'an dernier à Winnipeg sans être accusé a été tué hier dans une opération policière majeure en Ontario. Selon CBC, Aaron Daniel Driver, 24 ans, désirait commettre un attentat à la gare Union, de Toronto, qui est fréquentée par près de 200 000 usagers par jour.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait annoncé hier soir avoir reçu de « l'information crédible indiquant une menace terroriste potentielle » et avoir « identifié » un suspect, sans donner plus de détails. Or, un document interne du gouvernement fédéral cité par CTV et CBC indiquait que le suspect avait l'intention de commettre hier un attentat à la bombe pour tuer le plus de personnes possible. Le document mentionnait ses liens avec le groupe État islamique.

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Aaron Driver

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Vers 16 h, une opération policière d'envergure a été lancée par les forces d'élite de la GRC et s'est poursuivie toute la soirée dans la petite ville de Strathroy-Caradoc, en banlieue de London. Des tireurs d'élite étaient installés en position de tir sur plusieurs terrains résidentiels du périmètre, tandis que des membres de l'escouade antibombe pénétraient dans une résidence vêtus d'habits de protection contre les explosifs.

« J'ai entendu un gros bruit. Je ne sais pas si c'était des tirs », a raconté au Toronto Star Maria Pereira, qui habite tout près de la résidence du suspect.

« J'ai ouvert la porte avant et j'ai vu qu'il y avait des policiers partout. J'avais peur. J'avais peur d'être seule chez moi », a dit Maria Pereira.

Selon CBC, Aaron Daniel Driver se serait blessé et aurait blessé une autre personne en faisant exploser une bombe. C'est à ce moment que les policiers de la GRC l'auraient abattu. Il aurait eu en main un autre dispositif explosif prêt à détonner, d'après le récit de la famille Driver rapporté par CBC. 

La GRC n'a donné aucune information concernant cette opération hier soir et n'a pas confirmé que le suspect était Aaron Daniel Driver. Le corps policier « discutera des détails opérationnels en temps opportun », a indiqué le ministre fédéral de la Sécurité publique Ralph Goodale.

ARRÊTÉ EN 2015

C'est dans cette ville du sud de l'Ontario qu'était tenu d'habiter Aaron Daniel Driver en raison de conditions de libération imposées par la Cour, selon CBC. L'homme de 23 ans avait été arrêté par la GRC en juin 2015 à Winnipeg. Il était soupçonné d'avoir publié sous le nom de Harun Abdurahman un guide sur les réseaux sociaux afin d'aider les djihadistes à se rendre en Syrie. Il avait également fait l'apologie de l'attentat du parlement d'Ottawa perpétré par Michael Zehaf-Bibeau en 2014. En février 2016, il avait même admis à CBC être un « sympathisant » de l'État islamique.

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Aaron Driver à sa sortie d'une cour de Winnipeg, en février dernier. 

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Aaron Daniel Driver n'avait finalement fait face à aucune accusation, mais avait accepté de se soumettre à plusieurs conditions de remise en liberté. En acceptant cela, il reconnaissait « qu'il existait un risque raisonnable de craindre qu'[il] commette un acte terroriste ». Driver n'avait pas le droit d'utiliser un ordinateur ou un téléphone cellulaire. Toutefois, il n'avait pas à porter un bracelet GPS, comme ses conditions initiales l'imposaient, puisqu'il avait contesté cette décision.

TRUDEAU INFORMÉ

Le ministre Ralph Goodale a affirmé hier soir par communiqué avoir discuté de la situation avec le premier ministre Justin Trudeau « afin de confirmer que la sécurité publique a été protégée adéquatement et qu'elle le demeure ». Le ministre a assuré que les services policiers ont pris les « mesures qui s'imposent pour garantir la sécurité de notre pays et de ses citoyens ». Le niveau national de menace terroriste pour le Canada était toujours au niveau « moyen », a-t-il ajouté.

L'État islamique utilise les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter pour inciter ses sympathisants à commettre des attentats, a expliqué à La Presse hier soir Kyle Matthews, un chercheur de l'Université Concordia. « L'EI a diffusé ce message dans son magazine et sur sa chaîne : vous devez faire des attaques en Occident pour tuer des gens. On ne sait pas s'il était en contact direct [avec l'organisation] ou s'il a été inspiré par cette idéologie. Mais de plus en plus, des gens décident de faire le djihad seuls. Il y a plusieurs groupes qui donnent de l'information sur la manière de concevoir des vestes de kamikaze ou d'utiliser une voiture pour attaquer les gens », a affirmé l'expert avant de connaître l'identité du suspect.

Kyle Matthews, directeur adjoint de l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits humains de l'Université Concordia, étudie l'utilisation des réseaux sociaux comme outil de guerre par les groupes non étatiques, comme l'EI. Il soutient que les Canadiens qui adhèrent à l'idéologie de l'EI sont notamment convertis par l'« empire médiatique » du groupe djihadiste. « Ce ne sont pas des individus qui ont des problèmes mentaux. Ce sont des gens dévoués à cette idéologie, notamment parce que le Canada fait encore partie de la coalition contre [l'État islamique] », analyse-t-il.

- Avec le Toronto Star

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