Saint-Michel: un réseau de trafiquants lié aux gangs de rue écoulait du crack en grande quantité

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Le dirigeant d'un réseau de revendeurs de crack qui sévissait dans le quartier Saint-Michel, Benson Benoit, a été arrêté en février dernier avec une quinzaine d'autres suspects.

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Daniel Renaud
La Presse
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Le chef présumé du gang de la 47e Rue, Benson Benoit

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Des vêtements aux couleurs du gang de la 47e Rue ont été saisis chez Benson Benoit lors d’une frappe précédente visant le groupe, en 2008.

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La reconnaissance de culpabilité d'une trafiquante de crack la semaine dernière à Montréal démontre qu'un réseau lié aux gangs de rue qui fait la pluie et le beau temps dans le quartier Saint-Michel était particulièrement lucratif et bien organisé.

Ce réseau est présumé avoir été dirigé par Benson Benoit, 33 ans, un individu d'allégeance bleue arrêté en février dernier avec une quinzaine d'autres suspects lors d'une enquête majeure et de longue haleine baptisée Noroît et menée par l'escouade Gangs de rue et Stupéfiants de la région nord, aujourd'hui dissoute.

Selon un résumé des faits lu par la procureure de la Couronne, Me Claudine Charest, le réseau était contrôlé par le gang de la 47e Rue, à la tête duquel Benson Benoit se serait retrouvé après l'arrestation de l'ancien chef, à la suite d'une autre enquête policière. Les limiers ont écouté deux téléphones de Benoit et ont conclu que 95 % de ses appels étaient liés à des crimes, du trafic de stupéfiants surtout, ce qui a représenté 35 000 conversations sur une période d'un mois et demi.

FOURNISSEUR DE DIFFÉRENTS VENDEURS

Benson Benoit aurait été le fournisseur de crack et de cocaïne de différents vendeurs, et n'aurait jamais accepté des commandes en deçà de 1,7 gramme de crack, soit l'équivalent d'une quinzaine de roches, qu'il aurait vendues au prix de 110 $. Le chef du gang n'effectuait jamais de livraison lui-même. Il pouvait compter sur une équipe de distributeurs auxquels il aurait fourni véhicules, essence et téléphones cellulaires. Benoit aurait recruté les employés et préparé les horaires de travail sur différents quarts. Des sanctions étaient prévues en cas de manquement.

Selon la procureure, Benoit aurait payé le loyer d'un local de la rue Cartier qui aurait été en réalité une cache de stupéfiants baptisée « la base ». Lors d'une entrée subreptice dans ce local en janvier 2016, les enquêteurs de la région nord y ont installé des caméras, à l'intérieur et à l'extérieur. « Les policiers constatent alors que la base sert au ravitaillement des stupéfiants, à la coupe de la cocaïne et à la transformation du crack. Ils vont voir des quantités importantes de stupéfiants et de fortes sommes d'argent passer devant la caméra. Ils évaluent que le réseau écoule environ un demi-kilo de cocaïne par semaine », a raconté la procureure.

MESSAGES CODÉS

L'accusée qui a plaidé coupable à des accusations de complot et de trafic de crack la semaine dernière est une revendeuse qui avait ses propres clients, Patricia Lamarre. Selon la preuve, cette dernière a écoulé 1166 roches de crack en deux mois, ce qui représente une somme de 23 320 $ lorsque l'on sait qu'une roche est vendue 20 $. « Yo », écrivait la femme à Benoit lorsqu'elle voulait être approvisionnée. « Ok », répondait le chef, qui envoyait alors l'un de ses distributeurs ravitailler « Patou ».

Patricia Lamarre, qui dit lors d'une conversation interceptée qu'elle doit verser une somme de 100 $ par semaine aux motards, a été coincée par une taupe de la police.

En vertu d'une suggestion commune de la Couronne et de la défense entérinée par la juge Julie Riendeau de la Cour du Québec, elle a été condamnée à 44 mois de pénitencier.

Dans l'un des messages interceptés, Patricia Lamarre souhaitait bonne année à son « patron », Benson Benoit. Quarante jours plus tard, ce dernier était arrêté avec 17 autres personnes. Il a été accusé de gangstérisme et est toujours détenu.

Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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