Trois firmes de génie-conseil dans la ligne de mire de l'UPAC

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- CE TEXTE A FAIT L'OBJET D'UNE PRÉCISION - 

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) soupçonne les anciennes têtes dirigeantes de trois firmes de génie-conseil, Bernard Poulin chez SM, Rosaire Sauriol chez Dessau et Michel Lalonde chez Groupe Séguin, d'avoir été liées «au système de partage de contrats» mis en place à la Ville de Montréal.

Dans des déclarations sous serment de la police pour obtenir des mandats de perquisition chez le maire de l'arrondissement de Lachine, Claude Dauphin, et les anciens conseillers municipaux Sammy Forcillo, Cosmo Maciocia et Francine Sénécal, l'UPAC souligne que ces élus fréquentaient «des personnes reliées au système de partage de contrats» et il les nomme.

Aucun autre détail sur ce «système» allégué, son mode de fonctionnement, ses dirigeants et leurs méthodes n'est divulgué dans les documents judiciaires obtenus par un groupe de médias, dont La Presse, au terme de démarches devant les tribunaux. Soulignons toutefois que certains passages sont caviardés. On sait en revanche que ces éléments d'enquête s'ajoutent au dossier des compteurs d'eau.

Bougie d'allumage

Ce scandale a servi de bougie d'allumage à l'enquête policière appelée Fronde. C'est dans le cadre de cette enquête que l'UPAC a mené plus d'une dizaine de perquisitions depuis le 2 juillet dernier.

Outre le scandale des compteurs d'eau, l'UPAC se penche sur le financement illégal du parti Union Montréal, la collusion entre des entreprises pour se partager les contrats municipaux, l'entente qu'auraient conclue des entreprises pour financer les Championnats du monde de natation de la FINA, en 2005, et un cinquième volet qui demeure secret pour l'instant.

Au total, ce sont dix documents judiciaires caviardés concernant les quatre politiciens montréalais (Dauphin, Forcillo, Maciocia et Sénécal), les firmes de génie BPR et SM ainsi que l'entrepreneur Construction F. Catania qui viennent d'être rendus publics. Les soupçons qui y sont formulés n'ont toutefois pas subi l'épreuve des tribunaux.

Il reste que l'UPAC affirme qu'elle a des raisons de croire que des actes de corruption, de fraude, de complot et d'abus de confiance ont pu être commis. La police étaie ses affirmations en présentant la preuve amassée.

Vie mondaine et promiscuité

La vie mondaine des politiciens et leur promiscuité avec des hommes d'affaires ayant des contrats avec Montréal ou qui tentaient d'en obtenir sont étalées grâce à des agendas. Ainsi, l'agenda de Frank Zampino (ancien président du comité exécutif de Montréal), celui de Paolo Catania (entrepreneur) et celui de Rosaire Sauriol (ex-vice-président de Dessau) sont des mines d'or d'information.

Par exemple, on apprend qu'en plein coeur du processus d'attribution du contrat de 350 millions pour les compteurs d'eau, le responsable politique du dossier de l'eau au comité exécutif, Sammy Forcillo, faisait partie de la liste d'invités de Paolo Catania pour les soupers de Noël en 2006 et 2007. Rappelons que l'entreprise Catania avait alors créé une alliance commerciale avec SM pour mettre la main sur ce contrat qui a été attribué quelques jours avant Noël 2007.

Mais M. Forcillo n'était pas le seul invité. En 2006, MM. Dauphin et Zampino et Mme Sénécal avaient également reçu une invitation et avaient confirmé leur présence.

Le barbecue annuel chez les Zampino semble avoir aussi été un événement mondain couru permettant aux politiciens et aux gens d'affaires d'échanger. S'y seraient retrouvés entre autres personnes MM. Catania et Sauriol, Michel Bissonnet (maire de Saint-Léonard), MM. Dauphin et Forcillo, Francine Sénécal et son conjoint Martial Fillion (ancien chef de cabinet du maire Tremblay et directeur de la Société d'habitation et de développement de Montréal), ainsi que Bernard Trépanier (collecteur de fonds pour Union Montréal).

Ce dernier est décrit par plusieurs témoins de la police comme «un membre important du stratagème de partage des contrats».

Il y a trois semaines, un autre document sous serment ayant permis à l'UPAC de perquisitionner dans la résidence et le chalet de l'ancien maire Gérald Tremblay révélait que la police croit que M. Tremblay aurait participé à ce système criminel dans le but de conserver le pouvoir. L'un des témoins qui pointent un doigt accusateur vers M. Tremblay est son ancien bras droit, Frank Zampino.

PRÉCISION

Dans des articles parus dans nos numéros des 7 et 29 août dernier et mis en ligne ces jours-là, nous avons indiqué que M. Frank Zampino, l'ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, avait indiqué à l'UPAC que l'ancien maire Gérald Tremblay avait participé au système de corruption qui y sévissait. Or, M. Zampino nous informe qu'il «n'a jamais fait de telles déclarations, ni à l'UPAC, ni à personne d'autre». Ces déclarations auraient plutôt été faites par une personne dont le nom est présentement caviardé dans la dénonciation au soutien du mandat de perquisition visant la résidence de M. Tremblay.

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