Le fils de la consule du Canada à Miami demande sa libération sous caution

Marc Wabafiyebazu, originaire d'Ottawa, sera jugé comme un... (Photo Walter Michot, AP/ The Miami Herald)

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Marc Wabafiyebazu, originaire d'Ottawa, sera jugé comme un adulte; il risque la prison à perpétuité.

Photo Walter Michot, AP/ The Miami Herald

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Colin Perkel
La Presse Canadienne
Miami

Le jeune fils de la consule générale du Canada à Miami, qui est accusé de meurtre, tentait mercredi d'obtenir sa libération sous caution devant un tribunal de la Floride.

L'avocat de Marc Wabafiyebazu, âgé de 15 ans, a demandé que son client soit libéré en attendant le procès, qui pourrait s'amorcer dès juillet. Michael Corey doit convaincre le tribunal que la poursuite ne dispose pas de suffisamment de preuves pour démontrer la culpabilité de son client, que l'adolescent ne risque pas de s'enfuir, et qu'il ne représente pas un danger pour la société.

L'adolescent a déjà plaidé non coupable à l'accusation de meurtre au premier degré commis pendant un acte criminel. Il est aussi accusé de meurtre au deuxième degré, de tentative de vol à main armée et de possession illégale d'une arme à feu.

Selon la police de Miami, le jeune Wabafiyebazu s'est présenté le 30 mars dernier, avec son frère Jean, âgé de 17 ans, pour rencontrer un revendeur de marijuana dans le but de le dévaliser. Lors d'un échange de coups de feu, le frère aîné et un autre jeune homme - Joshua Wright, lui aussi âgé de 17 ans - ont été tués, dans des circonstances qui demeurent encore nébuleuses.

La police ne soutient pas que c'est Marc Wabafiyebazu qui a tué l'une des deux victimes, mais en vertu des lois de l'État de Floride, on peut être accusé de meurtre si quelqu'un perd la vie - même accidentellement - pendant que l'on commet un acte criminel grave. Dans ce cas-ci, la poursuite pourra plaider qu'il y a eu perte de vies pendant une présumée tentative de vol à main armée.

La défense soutient que l'adolescent n'a rien à voir avec les décès - qu'il attendait dans le siège passager de la Mercedes de la consule, à l'extérieur, comme le montrent les images d'une caméra de surveillance, pendant que son frère aîné «prenait une série de mauvaises décisions, qui lui auront coûté la vie».

Selon les enquêteurs, lorsqu'il a entendu des coups de feu en provenance de l'appartement, Marc Wabafiyebazu est entré et s'est emparé du pistolet semi-automatique de son frère. Il a eu une brève confrontation avec un jeune de 19 ans, Anthony Rodriguez, à l'extérieur de l'appartement, mais n'aurait pas tiré sur le jeune homme lorsqu'il a pris la fuite. Il aurait par contre tiré en l'air dans l'espoir d'alerter la police.

Lors de l'audience sur sa remise en liberté sous caution, mercredi, la poursuite a présenté avec moult détails la scène de crime découverte par les policiers. La procureure Marie Mato a montré à la juge Teresa Pooler des photographies des cadavres mais aussi d'un sac fourre-tout marqué de l'inscription «Marc W.», qui a été retrouvé à l'intérieur de l'«appartement crasseux» où Jean Wabafiyebazu a perdu la vie.

Le lieutenant de police Carlos Castellanos a par ailleurs raconté au tribunal, mercredi, que des traces de poudre avaient été retrouvées sur les doigts de Marc Wabafiyebazu, mais il a admis en contre-interrogatoire que l'adolescent avait tiré en l'air pour attirer l'attention.

L'enquêteur d'expérience en homicide Rolando Garcia a témoigné que le trafiquant Anthony Rodriguez, 19 ans, avait relaté ce qui était survenu.

Jean Wabafiyebazu a demandé de voir la drogue, et Anthony Rodriguez a demandé de voir l'argent. L'acheteur a montré une liasse de billets, et le trafiquant est retourné à l'extérieur à sa voiture - une scène captée sur caméra - pour récupérer les 800 grammes de marijuana qu'il avait amenés et les a remis à l'acheteur.

«N'allez-vous pas vérifier ou tester la marchandise?», a demandé Anthony Rodriguez, selon sa déclaration.

À ce moment, Jean Wabafiyebazu a mis la main dans un sac souple vert qu'il transportait - avec l'inscription «Marc W.» - et en a sorti une arme, selon ce qui a été dit en cour.

Anthony Rodriguez, non armé, a tenté de s'emparer du fusil, parvenant à empoigner Jean Wabafiyebazu par l'arrière. Joshua Wright, qui observait la scène, a aussi sorti une arme.

«Jean a tiré, Joshua a tiré à son tour», a dit M. Garcia à la procureure Marie Mato.

Joshua Wright et Jean Wabafiyebazu sont morts par balle. Un autre homme dans le logement, Johann Ruiz-Perez, 21 ans, a été blessé par balle.

Dans la salle de bains, la copine de Joshua Wright, hystérique, a appelé le 911. Anthony Rodriguez, qui a dit que Jean Wabafiyebazu l'avait atteint au bras avec l'arme en tentant se libérer, lui a arraché le téléphone, avant de quitter le logement. Il y est revenu pour récupérer une partie de la drogue.

En sortant, il s'est retrouvé face au jeune frère. «Qui a tiré sur lui? Qui a fait ça?», a demandé Marc Wabafiyebazu à Joshua Rodriguez, qui a ensuite fui avec sa voiture avant d'appeler la police.

L'enquêteur Rolando Garcia a dit avoir été en mesure de parler à la consule le matin suivant.

«Elle a été très professionnelle. Elle m'a demandé si cela pouvait être traité au Canada, a relaté M. Garcia. Je lui ai dit que je ne croyais pas que ce soit possible.»

M. Garcia a cependant aussi témoigné que Marc Wabafiyebazu lui avait craché au visage au moment de son arrestation, et qu'il avait plus tard menacé de le tuer et s'était comporté de façon très violente dans la salle d'interrogatoire de la police.

L'adolescent, originaire d'Ottawa, sera jugé comme un adulte; il risque la prison à perpétuité. Les deux jeunes Wabafiyebazu venaient tout juste de rejoindre leur mère, Roxanne Dubé, nommée consule générale du Canada à Miami en novembre 2014. Mme Dubé, qui assistait à l'audience de mercredi, doit d'ailleurs témoigner dans le cadre de la demande de libération sous caution de son fils, qui se poursuit vendredi.

Deux autres jeunes hommes, qui se trouvaient sur les lieux du drame, ont aussi été accusés dans cette affaire.

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