Meurtre de Jenique Dalcourt: une opération d'agent double bâclée

Jenique Dalcourt a été tuée à coups de... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Jenique Dalcourt a été tuée à coups de barre de métal à la tête alors qu'elle rentrait chez elle après le travail, dans le Vieux-Longueuil, le 21 octobre dernier.

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Une ruse de la police de Longueuil pour tenter de soutirer les confessions d'un homme soupçonné d'avoir tué Jenique Dalcourt à coup de barre de métal a rapidement fait capoter l'enquête, l'automne dernier, a appris La Presse.

En plus d'avoir mal protégé la scène du crime et permis qu'elle soit contaminée par le public et des travailleurs municipaux, comme nous l'avons rapporté hier, la police de Longueuil s'est lancée dans une opération «fait maison» d'agent double pour essayer d'arracher des aveux à l'homme de 26 ans arrêté quelques jours après le meurtre.

En coulisse, des sources se demandent pourquoi la police de Longueuil n'a pas fait appel à la Sûreté du Québec pour cette opération.

Pour leur stratagème, les policiers longueuillois ont placé le suspect dans une cellule avec un prisonnier, qui était en fait un agent double, a-t-on appris. Loin de permettre de récolter des informations incriminantes, l'astuce a plutôt eu l'effet contraire: le suspect s'est refermé et a cessé toute collaboration.

Pas d'accusations

Pendant que le suspect était sous les verrous, la police de Longueuil a convié la famille de Jenique Dalcourt et les médias au palais de justice de Longueuil pour sa mise en accusation, le lundi 27 octobre, soit six jours après le meurtre.

Or, après une journée marathon de discussions, les enquêteurs et les procureurs en sont arrivés à la conclusion que les preuves n'étaient pas assez solides pour accuser l'homme. Celui-ci a donc été relâché.

Il n'est pas rare que des policiers décident de placer des agents doubles avec des suspects derrière les barreaux, une technique qui peut permettre aux enquêteurs de récolter des informations compromettantes. Or, ces opérations sont délicates et doivent être très crédibles pour fonctionner.

Dans ce cas-ci, on parle plutôt d'une opération réalisée rapidement, «avec les moyens du bord». Elle aurait dû être mieux planifiée, nous dit-on.

À l'hôtel de ville de Longueuil, la mairesse Caroline Saint-Hilaire n'a pas voulu dire hier si elle accordait toujours sa confiance au Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL), et à son directeur Denis Desroches.

«Il n'y aura pas de commentaires sur l'enquête en cours», a signalé Marie-Ève Imonti, attachée de presse de la mairesse.

À Québec, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n'a pas voulu commenter l'affaire.

Le SPAL ne fait aucun commentaire sur l'enquête, et affirme que le dossier sur le meurtre de Jenique Dalcourt «est toujours en cours et est traité de façon prioritaire».

Jenique Dalcourt a été tuée à coups de barre de métal à la tête alors qu'elle rentrait chez elle après le travail, dans le Vieux-Longueuil, le 21 octobre dernier. Les débuts de l'enquête ont été marqués par des problèmes de coordination à la police de Longueuil: les lieux du crime ont été laissés sans surveillance entre les visites des enquêteurs, et le grand public et des émondeurs municipaux ont pu y accéder.

La famille de Jenique Dalcourt se dit insatisfaite de la façon dont l'affaire a été menée jusqu'ici, mais garde espoir de voir la police trouver et arrêter le responsable de la mort de la jeune femme.

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