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Un djihadiste entre les mains de la GRC?

L'homme en question est arrivé à l'aéroport Montréal-Trudeau... (PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'homme en question est arrivé à l'aéroport Montréal-Trudeau l'été dernier, muni d'un faux passeport. Il a immédiatement été arrêté et incarcéré à la prison de Rivière-des-Prairies, le temps que les autorités déterminent son identité réelle, ainsi que la possibilité qu'il soit interdit de territoire pour appartenance à un groupe terroriste.

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Depuis sept mois, les services antiterroristes cherchent quoi faire avec un mystérieux voyageur arrivé d'Europe sous une fausse identité et qui, une fois placé en détention à Montréal, aurait démontré ce qui a été interprété comme des signes d'intérêt pour le djihad, a appris La Presse.

Tout ce qui entoure ce dossier est placé sous le sceau du plus grand secret, selon nos sources.

Le groupe d'enquêteurs chargé du dossier, l'Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN), coordonnée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), est déjà habitué à travailler dans l'ombre, mais la situation est compliquée davantage par le fait que le voyageur a demandé l'asile politique au Canada.

Tant que les autorités de l'immigration n'auront pas statué sur son cas, il est interdit de l'identifier publiquement, notamment pour éviter de le transformer en réfugié «de facto» en révélant à un groupe ou à un gouvernement qu'il est en train de fuir.

L'homme en question est arrivé à l'aéroport Montréal-Trudeau l'été dernier, muni d'un faux passeport. Il a immédiatement été arrêté et incarcéré à la prison de Rivière-des-Prairies, le temps que les autorités déterminent son identité réelle, sa nationalité, ainsi que la possibilité qu'il soit interdit de territoire pour appartenance à un groupe terroriste. L'EISN a vite pris le dossier en charge, sans rendre publics les motifs qui lui font craindre que l'homme soit lié au terrorisme.

Sept mois plus tard, l'homme est toujours à l'ombre. Il n'est accusé de rien et on ignore toujours s'il est admissible au Canada. S'il ne l'est pas, on ignore aussi vers quel pays il pourrait être expulsé.

Perquisition en prison

En prison, il n'est pas passé inaperçu parmi la faune habituelle des détenus. Les gardiens ont reçu cet automne une dénonciation selon laquelle le voyageur aurait semblé célébrer à l'annonce de l'attentat qui a coûté la vie à un militaire, à Saint-Jean-sur-Richelieu, le 20 octobre dernier.

Une perquisition a été menée dans sa cellule. Selon nos sources, les autorités y ont saisi des photos de djihadistes, peut-être découpées dans des journaux ou des magazines, ainsi qu'une image d'un drapeau canadien criblé de projectiles. Tout ce matériel a été saisi comme pièces à conviction.

La direction de la prison a vite réagi en changeant le voyageur de secteur de détention. L'EISN analyse toujours la preuve saisie.

Par ailleurs, en fouillant le téléphone cellulaire qu'il avait sur lui en arrivant au Québec, les policiers ont découvert que l'homme avait un contact à Montréal: un Algérien qui s'était vu refuser l'asile politique et qui avait disparu dans la nature plutôt que de retourner dans son pays.

Ce ressortissant algérien a rapidement été retrouvé et arrêté. La semaine dernière, il a comparu devant un commissaire à l'immigration qui a ordonné qu'il demeure détenu jusqu'à son départ vers l'Algérie, prévu pour aujourd'hui.

Lors de cette audience, Daphné Clément, représentante de l'Agence des services frontaliers, a confirmé que le ressortissant algérien avait été retrouvé dans le cadre d'une enquête beaucoup plus vaste.

«C'est l'Équipe intégrée de la sécurité nationale, qui regroupe plusieurs corps policiers, qui enquête sur quelqu'un qui avait un dossier d'immigration et qui est détenu, car il pourrait représenter un risque de danger pour le public», a-t-elle résumé, sans plus de détails.

Discrétion

L'avocat qui représente le voyageur, Me Stéphane Handfield, a refusé de discuter de l'identité de son client et des raisons pour lesquelles il pourrait être soupçonné de terrorisme.

«Effectivement, nous avons au bureau un client sous enquête de l'escouade mixte sur la sécurité nationale, mais je n'ai pas grand-chose à dire parce que je ne reçois pas beaucoup d'informations des autorités», a-t-il déclaré.

- Avec la collaboration de Daniel Renaud

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