Des Rock Machine attaqués en prison

Jean-Francois Émard, chef des Rock Machine, est l'un... (Archives La Presse)

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Jean-Francois Émard, chef des Rock Machine, est l'un des deux membres du groupe de motards agressés à l'Établissement de détention de Bordeaux.

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Daniel Renaud
La Presse

Deux agressions survenues ces dernières semaines à l'Établissement de détention de Montréal (Bordeaux) contre deux individus liés au groupe de motards des Rock Machine, dont leur chef Jean-François Émard, soulèvent des inquiétudes en milieu carcéral, a constaté La Presse.

Après son arrestation pour une banale infraction au Code de la sécurité routière, le 5 octobre, et sa comparution au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield, Jean-François Émard a été transporté à Bordeaux, où il a été aussitôt agressé par un détenu.

Le chef motard, qui s'est rapidement retrouvé en position précaire, gêné par des pièces du mobilier de la prison, a reçu plusieurs bons coups et a comparu le visage tuméfié vendredi dernier. La même semaine, un autre individu lié aux Rock Machine a été attaqué dans le tunnel du secteur G, a appris La Presse.

Selon nos informations, l'agresseur du chef des Rock Machine serait un individu lié aux Hells Angels, mais la commande ne proviendrait pas nécessairement de ces derniers, car il pourrait s'agir plutôt d'un règlement de comptes. L'autre individu lié aux Rock Machine aurait été agressé par un membre des gangs de rue.

Même si les deux incidents ne semblent pas liés à première vue, ils donnent de véritables maux de tête aux gardiens de Bordeaux et des autres prisons provinciales, qui ne savent pas sur quel pied danser en ce qui concerne les Rock Machine.

«On ne sait pas où les mettre, car on ignore où ils se situent par rapport aux détenus des autres groupes criminels, mafia, Hells Angels ou gangs de rue. On ne sait pas qui est en chicane avec qui. Avec la surpopulation, c'est difficile de leur trouver un endroit sécuritaire. On peut tenter de leur trouver un trou dans certains endroits, mais on pourrait les envoyer là où ils ne devraient pas être. Ça vient ajouter une tension additionnelle pour les gardiens», déplore Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents en services correctionnels du Québec.

Messages menaçants

D'autant que La Presse a aussi constaté que des individus qui s'affichent comme des membres ou des amis des Rock Machine ont publié des messages sur Facebook dans lesquels ils n'excluent pas d'aller en prison «pour faire le ménage» ou disent «s'organiser pour la protection de leur frère, Jean-François Émard». Une photo d'un homme tenant une mitraillette, sous laquelle apparaissent les mots: «On est prêt, 1%, À la vie, à la mort (slogan des Rock Machine)», a également été publiée.

Émard, l'autre individu agressé dans le tunnel du secteur G et un troisième Rock Machine qui se trouve à Bordeaux ont changé de secteur, mais les autorités demeurent sur le qui-vive. Les mêmes inquiétudes risquent de gagner le système carcéral fédéral si des Rock Machine sont bientôt condamnés à des peines de plus de deux ans.

Dans une entrevue accordée récemment à La Presse, le chef des Rock Machine a dit que son organisation n'était pas en froid avec les Hells Angels.

Depuis, les événements se sont précipités pour Émard, qui a été arrêté dans un véhicule dans lequel se trouvaient 500 comprimés et une arme blanche. Durant la nuit suivante qu'il a passée dans une cellule au poste de la Sûreté du Québec de Salaberry-de-Valleyfield, il aurait été molesté par un patrouilleur. Ce dernier, figurant vedette de la série SQ diffusée le vendredi soir à V, a été suspendu avec traitement, en attendant la fin d'une enquête portant sur des allégations de voies de fait.

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