L'UPAC arrête l'ex-DG de la ville de Hudson

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L'enquête de l'UPAC démontrerait que la suspecte aurait répété son manège sur une période de 17 ans, encaissant un chèque municipal par-ci par-là dans son compte personnel.

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Il y a longtemps qu'il appelait à l'aide et il commençait à s'impatienter. L'Unité permanente anticorruption (UPAC) est finalement venue au secours du nouveau maire d'Hudson, hier, en arrêtant la femme qui aurait contrôlé «à peu près tout» dans sa ville pendant une éternité et l'aurait livrée à un pillage en règle.

Louise Villandré, 64 ans, a été épinglée hier matin et libérée sous promesse de comparaître pour répondre à 19 chefs d'accusations de fraude, usage de faux et abus de confiance au détriment de la municipalité montérégienne de 5000 habitants, à l'ouest de Montréal.

Les enquêteurs de l'UPAC disent avoir découvert que pendant 17 ans, l'ex-directrice générale de Hudson aurait encaissé dans son compte personnel des chèques municipaux qui ne lui étaient pas destinés. Elle aurait ainsi détourné 1,1 million de dollars dans une municipalité dont le budget annuel tourne autour de 10 millions.

Mme Villandré avait pris sa retraite de la Ville en avril 2013, après y avoir occupé des postes stratégiques pendant 43 ans. Selon un portrait qu'avait fait d'elle le journal local Vaudreuil-Soulanges Gazette, elle avait été embauchée comme greffière à l'âge de 18 ans, puis avait été nommée trésorière un an plus tard. Elle avait conservé ces deux postes toute sa carrière et y avait ajouté le titre de directrice générale en 1997. 

«Elle contrôlait à peu près tout, et j'ose croire que les conseils municipaux antérieurs ne se doutaient pas de bien des choses», explique le maire Ed Provost.

Appels aux policiers

M. Provost a été élu en novembre 2013, peu après le départ de Mme Villandré. Il a découvert une ville saignée à blanc. Lui et un haut fonctionnaire récemment arrivé, Sylvain Bernard, ont appelé plusieurs fois la police. Ils avaient tant d'irrégularités à signaler que les enquêteurs ont été submergés de travail. 

D'abord, un groupe de plus de 300 résidants n'avaient pas payé de taxes municipales depuis un certain nombre d'années. L'un des plus mauvais payeurs était l'ex-maire Michael Elliott, qui devait 64 000$ à sa ville. Les créances cumulées de ces citoyens totalisaient 1,2 million.

Le maire a ensuite constaté avec stupeur qu'une quarantaine d'employés municipaux avaient été payés pendant une dizaine d'années sans déductions fiscales à la source, ce qui représente d'importantes sommes dues au fisc. La Ville a fait une divulgation volontaire aux autorités à ce sujet, et la facture à venir promet d'être très lourde. Déjà, Revenu Québec a imposé une hypothèque légale de 290 000$ sur la maison de Louise Villandré.

L'équipe d'Ed Provost dit aussi avoir découvert que huit employés avaient eu accès à des cartes de crédit de la Ville dotées de limites de crédit de 50 000$, sur lesquelles ont été facturées des «dépenses présumées personnelles». De 30 000 à 40 000$ en repas remboursés de façon irrégulière aux employés ont été retrouvés par la Ville. Certains repas dépassaient 150$. D'autres réclamaient à la Ville jusqu'à 800$ par mois de frais d'interurbains. 

Dans les logiciels de la Ville, aucune donnée sur les heures travaillées, les vacances et les congés accordés n'était comptabilisée. Des chèques pour des bonis, des heures supplémentaires et des journées de maladies étaient faits à la main.

Mme Villandré n'a pas répondu à nos nombreux appels à sa résidence hier.

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