Le caïd Jimmy Cournoyer écope de 27 ans de prison

Jimmy Cournoyer... (Archives La Presse)

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Jimmy Cournoyer

Archives La Presse

Il s'attendait à une peine sévère, mais pas à ce point. Pour avoir inondé de cannabis le Nord-Est américain, le trafiquant lavallois Jimmy Cournoyer a écopé hier de pas moins de 27 ans de prison, soit largement plus que la peine minimale de 20 ans prévue par la loi américaine.

La sentence est tombée en après-midi dans un tribunal new-yorkais, le jour même de l'anniversaire de la mère de Cournoyer.

«Je lui ai parlé hier et il semblait nerveux. [...] Il s'attendait à 20 ans de prison, car il avait fait un deal avec le procureur pour plaider coupable», a raconté hier Joey Cournoyer, le frère du condamné, lorsque La Presse l'a joint.

Cournoyer avait plaidé coupable à 11 chefs d'accusation, notamment avoir dirigé une organisation criminelle, complot de production, importation et distribution de marijuana, complot d'exportation et de distribution de cocaïne et complot de recyclage des produits de la criminalité.

Saisie de ses avoirs

En plus de l'envoyer à l'ombre pour 27 ans, la cour a ordonné la saisie de tous les avoirs de Cournoyer, jusqu'à hauteur de 1 milliard de dollars US. Cette somme est basée sur la valeur de toute la drogue que l'organisation de Cournoyer est soupçonnée d'avoir écoulée dans le nord-est des États-Unis, en particulier à New York, entre 1998 et 2012, année de son arrestation. La poursuite affirme avoir récupéré 10,8 millions de dollars en produits de la criminalité en démantelant l'organisation.

Selon la poursuite, Cournoyer et ses complices ont utilisé la réserve amérindienne d'Akwesasne pour faire entrer aux États-Unis des dizaines de milliers de kilos de marijuana de la Colombie-Britannique et du Québec. La marijuana aurait été principalement écoulée à New York par des membres du clan Bonanno de la mafia new-yorkaise.

Cocaïne, armes et crime organisé

Avec l'argent de la drogue, l'organisation de Cournoyer aurait acheté de la cocaïne au cartel mexicain de Sinaloa; la drogue était destinée à la revente au Québec. Des armes auraient aussi été achetées avec l'argent du crime. La poursuite croit que les activités du gang de Cournoyer ont été financées initialement par l'organisation du parrain montréalais Vito Rizzuto, avec la bénédiction des Hells Angels.

«Jimmy Cournoyer a utilisé les réserves amérindiennes pour violer nos frontières nationales et importer clandestinement pour plus de 1 milliard de dollars de narcotiques mortels et d'armes à feu entre les États-Unis, le Canada et le Mexique», a déclaré hier la procureure fédérale américaine Loretta E. Lynch, qui a décrit le trentenaire lavallois comme «un caïd de la drogue prolifique lié à certains des groupes du crime organisé les plus puissants au monde».

Aux États-Unis, Cournoyer n'est admissible à aucune libération conditionnelle avant la fin de sa peine. Il tentera toutefois d'obtenir la permission du Canada pour revenir purger sa peine dans son pays, où il serait admissible à une libération après le tiers de sa peine.

La famille de Jimmy Cournoyer soutenait hier que le portrait peint par la poursuite était exagérément noirci.

«On a essayé de montrer que mon frère était violent et qu'il avait un entourage violent. Ce n'est pas le cas. Il est apprécié de la plupart des gens et il n'a pas d'ennemis», assure son frère Joey.

Celui-ci prétend aussi que les liens de l'accusé avec la mafia et les motards ont été exagérés. «Tout ça se fait à travers des intermédiaires, il n'est pas directement lié», dit-il.

Joey Cournoyer affirme que son frère, qui a pratiqué les arts martiaux avec le champion Georges St-Pierre, utilise maintenant ses aptitudes pour aider ses codétenus en prison. «Il a développé des techniques pour s'entraîner, car ils n'ont pas le droit de travailler avec des poids. C'est lui qui entraîne toute l'aile où il est prisonnier, il leur donne des leçons de boxe thaïlandaise», dit-il.

Joey Cournoyer croit aussi que la condamnation de son frère est l'occasion de réfléchir à la légalisation du cannabis.

«D'ici la fin de sa sentence, on s'imagine que la marijuana va être légalisée partout comme elle l'est déjà dans certains États. Je réfléchis maintenant à devenir militant pour la légalisation de la marijuana. Personne n'est mort d'avoir fumé de la marijuana, et ça profiterait beaucoup plus à l'État», dit-il.




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