Le meurtre d'une jeune Autochtone relance le débat sur une enquête nationale

Tina Fontaine... (Photo PC/Service de police de Winnipeg)

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Tina Fontaine

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La Presse Canadienne
Winnipeg

Le meurtre présumé d'une Autochtone de 15 ans, dont le corps a été retrouvé emballé dans un sac cette semaine dans la rivière Rouge, à Winnipeg, a relancé les appels pour une enquête nationale sur la disparition et l'assassinat de femmes des Premières Nations au pays.

Tina Fontaine habitait Winnipeg depuis moins d'un mois quand elle a fui son foyer d'accueil. Elle avait été aperçue pour la dernière fois le 8 août au centre-ville de Winnipeg. Son corps a été retrouvé dans la rivière dimanche, et la police traite sa mort comme un homicide.

Le ministre manitobain des Affaires autochtones, Eric Robinson, a dit qu'il était frustrant d'entendre parler d'une autre tragédie et d'une autre famille à la recherche de réponses. Il a déclaré qu'une enquête nationale était la seule façon d'offrir aux familles les réponses qu'elles méritent, mais le gouvernement fédéral ne considère pas cela comme une priorité.

La directrice générale de l'Association des femmes autochtones du Canada, Claudette Dumont-Smith, a soutenu que le meurtre de Mme Fontaine était choquant et démontrait que personne ne prenait au sérieux la vulnérabilité des femmes autochtones.

Le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, a réitéré mardi la position de son gouvernement et rejeté la tenue d'une enquête nationale sur la disparition et l'assassinat de femmes des Premières Nations. Dans un communiqué, il a indiqué que «nos pensées et nos prières vont à la famille de Mlle Fontaine dans cette dure épreuve». Mais le ministre a soutenu que son gouvernement préfère l'action à l'analyse, et qu'il a adopté diverses mesures dans ce dossier, notamment l'élaboration d'un registre national de l'ADN des personnes disparues.

Thelma Favel et son mari ont pris soin de Tina Fontaine pendant une dizaine d'années. Mme Favel était sa grande tante, mais Tina l'appelait sa maman. Mme Favel avait aussi pris soin du père de la jeune fille, Eugene Fontaine, pendant plusieurs années. Quand Eugene Fontaine a appris qu'il souffrait d'un cancer, il lui a demandé de prendre soin de sa fille.

Mme Favel a expliqué qu'elle avait vu Tina Fontaine pour une dernière fois le 1er juillet, quand elle l'avait accompagnée à Winnipeg pour voir sa mère biologique. L'adolescente avait déjà fugué deux fois depuis l'été dernier.

La police n'a procédé à aucune arrestation relativement à cette affaire. Les autorités n'ont pas dévoilé comment Mme Fontaine avait été tuée, ou si elle avait été victime d'agression sexuelle. Elles ont toutefois précisé qu'elle était déjà morte quand son corps a été jeté dans la rivière.

La semaine dernière, le Manitoba a dévoilé un monument en mémoire de près de 1200 femmes autochtones disparues ou assassinées. La statue de granite de deux mètres a été installée près de la jonction entre les rivières Rouge et Assiniboine, au centre-ville de Winnipeg.

En mai dernier, la GRC avait publié des statistiques détaillées de 1181 dossiers depuis 1980. Le rapport indiquait que les femmes autochtones représentent 4,3% de la population canadienne, mais 16 % des femmes victimes d'homicides et 11,3% des femmes disparues.




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